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L’opposant Souleymane Condé, heureux d’être prisonnier politique

Si Roger Bamba n’avait pas répondu à l’appel du Seigneur (Cf. Le Populaire n°750 du lundi 21 décembre 2020), ils auraient été trois à comparaitre devant le Tribunal de première instance de Dixinn le 24 décembre. Qu’à cela ne tienne! Avec son codétenu Youssouf Dioubaté, Souleymane Condé est attendu ce 30 décembre 2020 pour la suite du procès, en sa partie plaidoiries et réquisitoires. Comme au premier jour, il viendra le moral toujours au top. Car, malgré les cents jours de détention et le palu qui a failli avoir raison de sa vie en prison, l’homme a gardé la tête froide et est resté droit dans ses bottes d’opposant au 3e mandat. Lisez !

Activiste et opposant, Souleymane Condé a été Kidnappé le jeudi 12 septembre 2020 à la fin de sa conférence de présentation de son parti à la Maison de la presse à Kipé, séquestré, puis incarcéré à la Maison centrale de Conakry. En sa qualité d’ancien coordinateur du Front national pour la défense de la constitution (Fndc) aux Etats-Unis et de président du parti Diversité Républicaine de Guinée (Drg), il a comparu pour la première fois devant la juridiction de Dixinn à Conakry le 23 décembre 2020 pour « production, diffusion, et mise à la disposition d’autrui de données de nature à troubler l’ordre et la sécurité publique».

Pendant sa conférence de présentation de son parti La Diversité Républicaine de Guinée à la Maison de la presse à Conakry

Avec ses coaccusés, Condé est poursuivi aussi pour des déclarations antérieures contre le régime Alpha Condé. Ses sorties médiatiques musclées contre toute usurpation du pouvoir par le clan Alpha Condé et les interventions radiophoniques soutenues 24 heures seulement avant l’inauguration de son parti à la Maison de la presse n’ont pas été du goût des autorités du pays. Son maintien en détention est une punition pour son engagement inconditionnel à contrer le projet de 3e mandat voulu et acté par le locataire du palais Sékoutoureya qui vient de prendre ses fonctions de chef de l’Exécutif guinéen pour la troisième fois consécutive.

Mais si Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté ont l’occasion de se défendre dans un procès, leur coaccusé Roger Bamba, membre de la cellule de Communication et Responsable des jeunes à l’Ufdg n’a pas eu cette chance. Il a rejoint le Ciel et les étoiles dans des circonstances qui restent élucider.

Souleymane Condé et son codétenu Youssouf Diabaté en compagnie de leurs avocats

Sur les réseaux sociaux, comme dans les médias, Souleymane Condé ne change pas de discours. En tous les cas, pour le moment. «Je n’accompagne pas le 3e mandat, parce que j’ai refusé que Dadis Camara s’éternise au pouvoir », réitère-t-il à la barre. Son combat, précise Souleymane Condé, ne vise pas la personne d’Alpha Condé. Il est plutôt orienté dans la promotion «des valeurs» républicaines, socle de la bonne gouvernance et de la fin de la division ethnique en Guinée.

Pour ses cents jours de détention provisoire, il affirme à la barre être «l’homme le plus heureux (…), parce qu’(il a) appris, vu beaucoup de choses (qu’il n’allait) jamais comprendre (s’il était) dehors». « C’est difficile, mais j’ai tenu, j’ai eu des amitiés, ça m’a enrichi et ça m’a endurci », assure Condé qui marque positivement l’opinion qui trouve en lui le profil d’un jeune leader différent du chercheur de poste ou encore de celui qui, lâché par le régime donneur de pain et de parfum, s’emmène -toute honte buefaire allégeance au chef de l’opposition en s’improvisant son «griot» mais tout en prenant le malin plaisir d’obtenir le droit d’être introduit au cœur des réunions stratégiques de sa famille politique adoptive pour tenter de mieux la piéger.

Par Ahmed Tidiane Diallo

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