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Alpha Condé tient des propos dangereux Non aux discours ethnos !

A un mois du scrutin présidentiel du 18 octobre 2020, des propos de nature à attiser la haine de l’autre et inciter à des violences contre une communauté sont enregistrés dans son discours de campagne électorale. Alerte !

Sur les faits. Dans la journée du 19 septembre 2020, rapportent plusieurs médias guinéens, le président sortant et candidat à sa propre succession s’est adressé par visioconférence à ses partisans rassemblés dans la ville provinciale de Kankan dans la ferveur du lancement officiel de la campagne électorale en vue de la présidentielle du 18 octobre 2020.

« Si vous votez… »

Dans des termes sensibles et exprimés dans la langue du terroir kankanais, Alpha Condé a notamment affirmé : « Ce que vous devez comprendre d’abord, il y a 10 candidats qui ont formé un bloc. Donc, si le malinké qui est candidat et qui n’est pas du Rpg, vous votez pour lui, vous aidez Cellou Dalein Diallo. Vous devez le savoir. Si vous votez pour lui, sachez que vous votez pour Cellou Dalein Diallo.

Dans la région du Foutah, c’est Cellou seul qui est candidat. Il n’y a pas un autre candidat. Tous ceux qui sont candidats, ces 10 veulent aider tous Cellou. Et, je crois que vous êtes intelligents pour comprendre ça. Donc, si vous votez pour un candidat entre ces 10, vous aurez carrément voté pour Cellou. Et je crois que vous ne voulez pas ça. Ce sont ces gens-là qui ont détruit ce pays (…) Ce qui s’est passé après la mort de Sékou Touré, vous n’avez pas oublié ça. Je compte sur vous. S’il plait à Dieu, la Guinée va avancer. Kankan, Siguiri, Kérouané, Kouroussa, Madiana, il faut faire au moins 95 à 98%. Et cela ne peut pas être réalisé si vous ne vous levez pas pour récupérer vos cartes d’électeurs ». Eh oui ! Douze candidats dont Alpha Condé sont dans la compétition. Onze d’entre eux ont formé un Collectif des candidats pour l’alternance (CCA). Cela n’est pas du goût du président sortant, candidat à un 3e mandat, après avoir changé la constitution le 22 mars dernier et obtenu un parlement au sein duquel son parti, le Rpg Arc-en-ciel se taille la part du lion.

En lieu et place de bilan à présenter aux électeurs pour légitimer sa candidature, à 82 ans Alpha Condé se disqualifie en faisant le choix de l’ethnostratégie face à son principal challenger Cellou Dalein Diallo (qui était opposé à la tenue des législatives du 22 mars dernier sur la base d’un fichier électoral taillé sur mesure et au projet de changement de la constitution). Mais sur le ring électoral (…) on ne choisit plus ses concurrents. Surtout quand l’on est habitué à vaincre sans suer. Et puis, un bon candidat sûr de ses soutiens se garde toujours de discours pouvant porter atteinte à la dignité de ses concitoyens et par ricochet aux fondements réels de l’unité nationale de son pays. Le discours attendu dans cette élection est celui contre les pratiques discriminatoires et pyromanes qui ont endeuillé ce pays durant la campagne présidentielle de 2010 et tout au long de la décennie qui prend fin en décembre prochain. Ni plus ni moins.

A l’avenir, le candidat Condé ferait donc mieux de servir aux guinéens des propos outre que ceux de quelqu’un qui a complètement perdu la lucidité. Puisqu’il n’est jamais tard pour bien faire, alors, le prochain discours de Condé devrait policer. Il se donnerait ainsi l’occasion de s’amender. De montrer à la face du monde que seuls ceux qui parlent se trompent, que ce pays ne va plus laisser verser une seule goutte de sang de ses habitants, à plus forte raison brûler un seul brin de ses biens pour le plaisir des marchands de la haine. Plus jamais ça !

Bilan maculé

Installé au palais Sékoutouréya à l’issue d’une élection controversée en 2010, Alpha Condé est devenu le premier opposant à un régime guinéen à exercer la fonction présidentielle après une élection. Ses prédécesseurs Lansana Conté, Moussa Dadis Camara et Sékouba Konaté n’ont pas eu cette chance.  Son avènement au pouvoir a suscité un réel regain d’espoir pour une alternance apaisée au sommet de l’Etat.

Obstination

Durant ses dix ans de pouvoir, il a conduit des reformes de l’armée, opéré la révision des conventions minières, relancé la diplomatie, et bon an mal an assuré la desserte de la capitale Conakry en courant électrique grâce à la construction du barrage de Kaléta connecté à celui de Garafiri, hérité du régime Conté. Malgré cela, le bilan de sa gestion est marqué par des crimes de sang et des délits économiques documentés par les organisations de défense et de protection des droits de l’homme. Ces casseroles qu’il traine expliqueraient en partie son obstination à prolonger son séjour au palais présidentiel contre vents et marées.

Par Diallo Alpha

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