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Bintou CAMARA, Présidente de l’ONG « Act To Save » : « Bien des Africains ne peuvent plus vivre d’une économie informelle ruinée par la pandémie ! »

Fondatrice et Présidente de l’ONG « Act To Save », Bintou Camara se démène sans compter pour
venir au secours des femmes et des enfants les plus démunis d’Afrique. D’Abidjan à Bamako,
Conakry ou Dakar, son organisation humanitaire distribue en ce mois de Ramadan des paniers-
repas. Une action concrète et exemplaire ! Entretien avec ce Top model au grand cœur.

Propos recueillis par Bruno FANUCCHI pour AfricaPresse.Paris (APP)
@africa_presse

Consciente que la vie quotidienne est devenue, en ce temps de pandémie, de plus en plus difficile
pour ces Africains qui ne vivent au jour le jour que des petits boulots de l’économie informelle,
l’ONG « Act To Save » s’est mise au service de ceux qui sont les plus affectés par cette crise à la
fois sanitaire, économique et sociale.

Mannequin ayant défilé pour les plus grand stylistes africains comme le Nigérien Alphadi, le
fondateur du célèbre FIMA (Festival International de la Mode en Afrique), l’Ivoirienne Michèle
Yakice ou le Guinéen Alpha’O, Bintou Camara a toujours eu le souci des autres. C’est pourquoi elle
lance aujourd’hui ce cri d’alarme : « Ensemble, mobilisons-nous pour toutes ces personnes
démunies, car nous sommes un espoir pour elles ».

Figure bien connue de la diaspora guinéenne, vous rentrez tout juste de Conakry. Voulez-vous
vous présenter en quelques mots ?
Bintou Camara : D’origine guinéenne, je réside à Paris, mais suis actuellement en séjour
professionnel à Abidjan. Je viens de passer quelques jours à Conakry où j’ai remarqué, comme
d’ailleurs dans d’autres pays africains, une précarité de plus en plus accentuée, notamment au
niveau des personnes les plus vulnérables et à risque. Tout cela fait mal au cœur et nécessite
impérativement des actions de solidarité tous azimuts.

C’est dans cette logique que des ami(e)s et moi avions créé l’organisation humanitaire « Act To
Save » que j’ai la lourde charge de diriger en tant que présidente. Cette équipe dynamique, déjà
active dans plusieurs pays, ne peut rester insensible à la détresse humaine, et notamment à celles des
femmes et enfants d’Afrique, de toutes ces « Mamans » qui – avec la crise – n’y arrivent plus. En ce
mois de Ramadan, période de pénitence pour les musulmans, nous avons ainsi relancé notre
programme dénommé « Resto de la Solidarité », une initiative mise en œuvre dès la création de
« Act To Save », en 2019.

Préparation des paniers-repas dans un local de l’association. © DR

Le « Resto de la Solidarité », c’est une action concrète. Comment l’organisez-vous dans
plusieurs capitales africaines ?
Bintou Camara : Ce n’est certainement qu’une goutte dans l’océan des besoins et des urgences, mais nous l’avons organisé avec nos faibles moyens et nous menons ces actions au quotidien. Durant les deux premières années, le « Resto de la Solidarité » ne couvrait que Paris, mais cette
année, avec la forte mobilisation de bénévoles, l’action a été étendue à plusieurs grandes villes du Continent comme Abidjan, Conakry et Dakar pour l’instant. Notre souhait bien sûr est que cette action s’étende à d’autres capitales africaines.

Nous y travaillons et nous appelons à la générosité et à la disponibilité de chacun et de tous. Nous comptabilisons à ce jour près d’un millier de panier-repas. Ce qui nous motive davantage, c’est la lueur d’espoir que nous lisons dans les yeux de nos bénéficiaires. Moi, j’en ai les larmes aux yeux de voir tant de volontaires s’engager bénévolement pour aider leurs prochains… C’est admirable !

« Les Restos du cœur de Coluche
ont inspiré le Resto de la Solidarité »

Le « Resto de la Solidarité », n’est-ce pas un peu comme les fameux « Restos du cœur » lancés en 1985 par Coluche en France ?
Bintou Camara : Tout à fait, son initiative généreuse – dont je connais bien l’histoire – m’a bien sûr
inspirée depuis longtemps. C’est le même principe et le même but, à cette nuance près : notre action
est encore bien modeste. Les Restos du cœur ont, je crois, « pour but d’aider et d’apporter une
assistance bénévole aux personnes démunies, notamment dans le domaine alimentaire par l’accès à
des repas gratuits, et par la participation à leur insertion sociale et économique, ainsi qu’à toute
l’action contre la pauvreté sous toutes ses formes ». C’est exactement ce que nous voulons faire et essayons de mettre en place à notre humble niveau dans certaines capitales africaines avec le Resto de la Solidarité !

Comment et pourquoi avez-vous lancé « Act To Save » il y a deux ans ?
Bintou Camara : L’organisation « Act To Save » est née de la volonté de ses membres de créer une grande chaîne de solidarité pour les enfants et les femmes en Afrique, notamment dans les domaines de l’alimentation, la nutrition, l’éducation, l’insertion et la santé. Du point de vue opérations sur le terrain, « Act To Save » a déjà mené bien des initiatives dans différents pays. En France, par exemple, nous avons organisé des collectes de dons pour les migrants (kits d’hygiène, vêtements, denrées alimentaires, etc ), distribueé des paniers-repas et développer des partenariats opérationnels pour des projets en Afrique.

Au Congo Brazzaville, nous avons fait des dons à l’orphelinat Sainte-Claire, parrainé par la Fondation Ebina, et fait des propositions pour une meilleure gestion des enfants à l’orphelinat. Au Mali, nous avons participé à la collecte de fonds pour les enfants non scolarisés, organisée par l’association Al Barka. En Côte d’Ivoire, où je travaille actuellement, en Guinée comme au Sénégal, nous organisons régulièrement des distributions de paniers-repas et de denrées alimentaires : c’est le Resto de la Solidarité. Et nous mettons, si possible, en place une assistance médicale pour les personnes vulnérables.

N’auriez-vous pas besoin de quelques sponsors pour mener une action efficace à plus grande
échelle ?
Bintou Camara : Bien entendu, ils sont tous les bienvenus ! Que certains osent donner l’exemple et les autres suivront… Je n’en doute pas. Au tout début de « Act To Save », je ne cessai de répéter : « Pour développer notre action, nous n’avons besoin dans un premier temps que de bénévoles et de dons ». Les bénévoles, ils sont là et nombre d’entre eux sont admirables chaque jour. La double crise

sanitaire et économique que nous subissons depuis plus d’un an a renforcé bien souvent l’instinct
d’entraide et de solidarité, c’est le côté positif de cette crise mondiale sans précédent… Mais cela ne
suffit pas car la crise perdure et les besoins sont immenses. Nous faisons donc appel à la générosité de tous car il n’y a pas de petits dons, mais j’espère bien cependant que certaines grandes entreprises qui travaillent et font des affaires en Afrique auront aussi à cœur de faire un geste. Nous restons disponibles et à leur écoute, grâce à cette interview dont je vous remercie : elle va créer un lien et permettre de nous faire mieux connaître.

Au tout début de la crise du Coronavirus, il y a plus d’un an, n’aviez-vous pas déjà réalisé une
belle vidéo ?
Bintou Camara : C’est exact et cette vidéo toute simple est devenue virale car c’était une des toutes premières vidéos de la campagne de sensibilisation de « Act To Save ». En trois petites minutes, nous invitions au respect des consignes d’hygiène élémentaires et des gestes barrières pour se protéger. Toutefois, bien des pays d’Afrique – dont les services de Santé sont pourtant parfois défaillants – font preuve d’une extraordinaire résilience face à l’épidémie et ses lourdes conséquences sociales et économiques. La lutte est cependant loin d’être finie, et il apparaît clairement nécessaire de renforcer la résilience et d’essayer d’atténuer les incidences sociales et économiques sur les personnes les plus vulnérables et à risque.
En savoir plus :

(+225) 07 47 64 30 64
contact.acttosave@gmail.com
Voir la vidéo "Act to Save" :
https://youtu.be/UJF5u0AskCg

www.africapresse.paris/Bintou-CAMARA-Presidente-de-l-ONG-Act-To-Save-Bien-des-Africains-ne-peuvent

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