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“Cette année, je passe de l’indignation à l’appel à l’action” (Abdoul Diallo)

Mes chers compatriotes,
Comme chacun d’entre vous je suis un partisan de la non-violence et je suis avec attention ce qui se passe dans notre pays. J’avoue que j’ai le cœur meurtri et la colère grande de constater que la vie de nos concitoyens qui osent exprimer leur opposition au projet de changement de Constitution est exposée à la férocité de la répression orchestrée par les dirigeants de notre pays. Comme la majorité d’entre vous, je suis ému d’écouter les radios et de voir à la télé, dans la presse et les réseaux sociaux, le tableau macabre de la répression au fil des événements qui se déroulent dans notre pays depuis l’enfantement de l’apatride projet devant ouvrir la voie à un troisième mandat pour l’actuel chef de l’Etat.

Je suis à la fois choqué et révolté de voir le dirigeant de notre pays prendre un virage démocraticide à la fin de son dernier mandat légal au lieu de poursuivre son chemin dans la voie de l’honneur. Mais, quoique la campagne électorale soit lancée et toute la machine répressive mise en marche, j’ose continuer de croire que les pays amis et partenaires de la Guinée s’associeront à l’ONU, l’Union Européenne et à la CEDEAO pour le ramener sur la bonne voie et faire éviter la planification de l’assassinat de notre jeune démocratie.

Mes chers compatriotes,
J’ai examiné à plusieurs reprises les photos des manifestations dans la capitale et dans les villes de l’intérieur de notre pays. J’ai pu capturer moi-même des instantanées. J’ai visionné plusieurs témoignages en format vidéo. J’ai vu comment et dans quelles circonstances ces crimes sont en train d’être perpétrés. Comme vous, j’ai été choqué de voir le gouvernement se précipiter pour condamner l’incendie des 10 véhicules à la Casse de Matam à Conakry au lieu de commencer par compatir à la douleur des familles éplorées dans les récents événements.

Comme certains d’entre vous, j’ai lu le dernier rapport de Human Rights Watch. J’ai parcouru des analyses d’experts en implantation de la démocratie et des spécialistes de la défense et de protection des droits de l’homme dans le monde. Ce rapport et les analyses montrent que les dirigeants sont prêts à tout pour renvoyer aux calendes grecques l’alternance au pouvoir en Guinée. Je dis bien, ils sont prêts à tout. Comme vous, j’ai vu la photo du jeune rentré récemment à Conakry. J’ai examiné celle de la fille qui a reçu la balle en pleine poitrine. J’ai suivi la vidéo du corps de l’enfant baignant le sang. Ces trois crimes là me permettent d’évaluer les sauvageries perpétrées par les autorités actuelles dans la zone de Bambéto-Cosa. Ce sont là des crimes de trop. Le massacre doit être stoppé. Le régime est à la dérive. Nous avons le devoir de sortir du silence avant que le régime actuel ne se transforme en régime Nazi.

Mes chers compatriotes,
L’an dernier je me suis indigné. Cette année, je passe de l’indignation à l’appel à l’action ici aux Etats-Unis, là-bas en Europe, dans les pays africains. Partout où le droit de manifester est respecté, levons-nous pour dire Plus jamais ça !, A bas la division !, A bas les ethno-stratèges !, A bas les imposteurs ! A bas les chasseurs de primes ! Stop au massacre ! Montrons les images de nos compatriotes mutilés à vie, nos blessés cloitrés dans nos maisons ou sur les lits des hôpitaux. Filmons la chasse à l’homme organisée dans nos quartiers.

Enregistrons tout ce qui se perpètre dans les habitations de l’axe Bambéto-Cosa, de Wanidara à Sonfonia. De Coyah aux villes de l’intérieur. Utilisons les réseaux sociaux, pour documenter toutes les violations faites aux Guinéens. C’est un devoir commun. Mais c’est d’abord et avant tout un devoir personnel pour chacun d’entre nous où qu’il se trouve à en Guinée où l’extérieur du pays. Vous avez vu la vidéo de l’humiliation fondée sur le faciès. Vous avez vu par la suite comment notre compatriote a réagi sur les ondes des radios privées. Il a dit que ce qui lui fait le plus mal c’est la stigmatisation de sa communauté. Ceci est un exemple de courage pour nous tous. Faisons en sorte que chaque victime parle !

Chacun a le droit de filmer ce qui se passe pour protéger sa famille et ses voisins. La vidéo de Kobaya que je ne parviens pas à oublier, a permis au monde entier de voir la scène de l’humiliation de notre compatriote que j’ai connu ici aux Etats-Unis avant de choisir de s’établir à Kobaya, celle de la casse des magasins par la horde de policiers au marché Koloma à Conakry, constituent des preuves qui serviront un jour pour rendre justice. Trop, c’est trop ! Les assassins sont protégés et les commanditaires sont assurés d’être impunis. N’oublions surtout pas que ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent. Que le délit de faciès peut conduire au génocide. Alors, restons débout et disons haut et fort aux commanditaires : « l’histoire vous suit» !

Abdoul Diallo. Ancien président de la communauté guinéenne
de New York, New Jersey et Connecticut

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