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Convocation, inculpation, incarcération : la CRIEF, un supplice des voleurs présumés

Ibrahima Kassory Fofana, Dr Mohamed Diané et Amadou Damaro Camara. Ces anciens chefs du gouvernement, de l’armée et du parlement, et d’autres gros bonnets, sont en prison pour des faits d’infractions économiques et financières commis sous Alpha Condé.

Poursuivis pour notamment corruption, détournement des deniers publics, blanchiment d’argent et enrichissement illicite, etc., les gros bonnets de l’administration Alpha Condé se retrouvent tous dans le trou à rats de la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief).

Le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et l’ancien tout puissant ministre d’Etat à la présidence chargé de la Défense nationale, Dr Mohamed Diané ont inauguré le trou à rats creusé par les nouvelles autorités pour loger les prédateurs (présumés) de deniers publics.

Ils y ont été rejoints, le 28 avril  2022, par le dernier chef du parlement issu du double scrutin référendaire et législatif du dimanche 22 mars 2020.

Amadou Damaro Camara a été d’abord auditionné pendant des heures dans les locaux de la Crief avant d’être embarqué manu militari vers minuit passé de 45 minutes à destination du cachot de la Maison centrale de Coronthie, le plus grand établissement pénitencier civil de Conakry.

Chose curieuse, son compagnon du mauvais quart d’heure à la Crief accusé aussi d’avoir les mains sales dans une affaire d’attribution présumée d’un marché de gré-à-gré à une entreprise pour la rénovation et l’équipement de certains bureaux de l’Assemblée nationale, Michel Kamano – ancien ministre de Conté, ancien président du Conseil économique et social (Ces) et ancien questeur  du parlement du 3e mandat-  s’en est sorti avec un placement sous contrôle judiciaire.

Il n’est pas le seul d’ailleurs dans cette situation. Plusieurs autres accusés ont bénéficié de cette mesure qui permet à tout accusé de se conformer aux conditions édictées par la justice pour aider à la manifestation de la vérité dans un dossier. C’est aussi l’occasion pour certains prédateurs présumés de réunir les moyens financiers leur permettant de rembourser le montant incriminé mentionné dans le dossier sur lequel l’intéressé est poursuivi ou de payer une amende libératoire.

En exemple, l’ancien ministre des Hydrocarbures, Zakaria Koulibaly, qui a obtenu une mise en liberté, a bien collaboré avec la justice et s’est même engagé à payer une caution de 3 milliards de Fg dans un délai de 15 jours.

Envoyé dans le trou à rats de la prison le 22 février 2022, l’ancien ministre du Budget, Ismaël Dioubaté, est sorti de prison le jeudi 21 avril après avoir mis en gage un bien immobilier dont la valeur est estimée à 5 milliards de FG.

Dans son cas, Dioubaté est poursuivi pour complicité de  blanchiment et de détournement de deniers publics estimé à de 131 milliards 923 millions 644 mille 723 de FG avec l’ancienne ministre de l’Enseignement technique et membre du fameux groupe des 518, Zenab Nabaya Dramé. Ainsi que son ex-Directrice administrative et financière (DAF), Evelyne  Fola Mansaré.

L’ancien ministre d’Etat Tibou Kamara a été placé sous contrôle judiciaire dans le même dossier.

 Par Gordio Kane

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