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Double scrutin réalisé aux forceps : Le visage crispé du vote

Dans la tempête de la contestation et sous les feux de la riposte musclée Alpha Condé a tenu sa promesse. Le double scrutin législatif et référendaire a eu lieu ce dimanche 22 mars. Les opposants au projet de présidence à vie ont dû payer le prix fort. Le Fndc déplore 10 morts. Mais si la messe est loin d’être dite pour les partisans de l’alternance après les deux mandats de Condé, ils sont néanmoins hantés par l’angoisse des lendemains incertains du double scrutin passé aux forceps.

Le double scrutin législatif et référendaire a eu lieu ce dimanche 22 mars. La répression de la contestation se réalise sans discernement en certains endroits de la capitale Conakry et des localités provinciales. Un bilan macabre de la journée de violence marquée par des heurts entre les membres Forces de défense et de sécurité et les partisans du Fndc décidés à empêcher le vote. Avec son cortège de blessés, d’interpellés et placés en détention qui a fait 10 morts. Le ministère de la Sécurité conteste ce bilan de la journée électorale. Il reconnait « quatre morts, dont deux dans les violences et deux autres des suites d’un accident et par arrêt cardiaque ». Il dénombre 9 blessés dans les rangs des Forces de défense et de sécurité, dont 7 policiers admis à l’hôpital militaire du Camp Samory et dans une clinique à Nzérékoré au Sud du pays.

En images, le spectacle du vote qu’offrent les quartiers mitoyens des sites électoraux montre des scènes immenses de rues enclos de crémation de pneus et d’immondices. Par endroits, des impacts de gravats sur du matériel électoral saccagé.

Solidarité

Dimanche soir, des centres de soins intensifs recevaient encore des blessés, la plupart des requérants de soins sont des jeunes gens engagés à faire renoncer au chef de l’Etat, en fin de second mandat, son projet de changement de constitution.

A Conakry et en provinces, le populo n’a plus la peur au ventre. Ici et là, les attaques de domiciles ne se racontent plus avec des gouttes de larmes. Les victimes et les défenseurs des droits de l’homme gardent comme des trophées tout étui de bombe lacrymogène larguée dans leurs habitations par les forces anti-émeutes.

Tous sont convaincus de remporter la victoire contre leurs oppresseurs. Ils se donnent la main et réclament justice. La preuve ? Depuis peu, lorsque des marmites sont renversées par les visiteurs encagoulés dans une famille, la chaine de solidarité se met en place. Très vite, tous les membres trouvent de quoi mettre sous la dent et un gît où s’abriter.

Ce qui n’est pas le cas chez les caciques du régime lâchés par leurs voisins et la communauté internationale. Dans les faits, ils ont réussi à faire l’opération électorale du 22 mars, pourtant le moral n’est pas tout à fait au top. Le président est venu accomplir son droit civique sous bonne escorte.

Il a déclaré à la presse qu’il «espère que tout se passera dans la paix et la tranquillité et que le peuple guinéen, comme en 1958, montrera sa maturité», en approuvant son projet de référendum, mais Alpha Condé avait le visage serré et le verbe moins haut qu’auparavant.

Maintenant, pour en finir avec la gueule de bois électorale, ses experts en diplomatie sont à la recherche de par où commencer pour prévenir ou du moins tenter d’amoindrir les effets des probables sanctions qui pourraient tomber à l’annonce des résultats du double scrutin. Ils sont écartelés entre main tendue, gouvernement d’ouverture, dialogue avec l’opposition, et fermeté vis-à-vis de la communauté internationale.

De leur côté, les grosses pointures du Fndc, les leaders politiques au premier chef, réfléchissent sur le lobbying post-scrutin à mener pour coincer davantage le régime enivré par le pouvoir à vie en faisant limiter la marge de manœuvre des membres de la galaxie Condé, dont la liste (des fossoyeurs de la constitution) a été déposée au niveau de toutes les institutions européennes par les membres de la coordination du démembrement du Fndc en Belgique avec le soutien et la bénédiction de leurs collègues basés en Guinée et en France.

Depuis la Suisse, la coordination du démembrement du Fndc, rassure que son équipe y travaille « inlassablement ». Et que « rien ne sera plus comme avant; n’en déplaisent à ceux qui veulent faire de la Guinée, leur propriété privée ».

Cependant, si les résultats du référendum deviennent favorables à l’adoption de la nouvelle constitution (le contraire serait surprenant), pour prétendre poursuivre son mouvement, le Fndc devra faire sa mue et ne compter sur les sanctions occidentales que pour construire la voie devant aider le club des politiques à se dresser comme un seul homme pour battre le futur candidat du parti de Condé dans les urnes. Seuls habilités à constituer un obstacle plus haut et électoralement incontournable par Condé qui refuse depuis 6 mois d’écouter ses voisins et ses homologues d’anciens compagnons de lutte.

 

Par Le Populaire

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