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En mission d’appui à la médiation dans la crise guinéenne : le président Embaló tient le bon bout

Rien n’est encore officiellement acquis. Tout peut changer à la dernière minute, certes, mais l’essentiel est que le 31 juillet 2022 la fumée blanche sortira du palais présidentiel de Guinée. C’est très important, une telle nouvelle dans le bilan à mi-parcours des négociations de sortie de crise en Afrique de l’ouest où seul le régime de l’ancien légionnaire français reste scotché sur le banc des accusés de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest).

Le contraire aurait surpris. Car, le président en exercice de la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Cédéao est fin négociateur.

En plus, dans le dossier Guinée, Embaló est connu pour son soutien inconditionnel à ses frères d’armes tombeurs du régime controversé du 3e mandat. Seul le médiateur désigné dans la crise guinéenne, l’ancien président béninois Thomas Boni Yayi, qui n’a jamais affiché, officiellement, un quelconque appui à l’équipe dirigeante du régime issu du coup d’Etat perpétré au petit matin du 5 septembre 2021 contre Alpha Condé.

Ce succès est si précieux pour le retour des régimes démocratiques dans l’espace Cédéao qu’après la Guinée, que le président Embalo s’est rendu au Burkina Faso, le 24 juillet, pour évaluer le processus de transition sous la facilitation du médiateur désigné dans la crise Burkinabè, Mahamadou Issoufou, l’ancien président du Niger et compagnon de lutte d’Alpha Condé. En fin de séjour, il a déclaré à la presse que tout se passe bien dans les préparatifs pour un retour à l’ordre constitutionnel dans ce pays sahélo-sahélien frappé par le terrorisme. Il a aussi rassuré que le consensus autour du calendrier de 24 mois de transition est suivi par la junte du colonel Paul Henri Damiba. 

Comme en Guinée, le président Embalo est reparti du Burkina Faso le cœur apaisé et avec le sentiment du devoir accompli. Reste maintenant à surveiller ces acquis comme du lait sur le feu afin que rien ne déborde les garde-fous placés par l’instance sous-régionale dans ces deux pays. Idem au Mali.

La Cédéao sous le leadership du président Embalo est à l’affût de la moindre faille pour voler au secours du processus de retour à la démocratie et au respect des principes de l’Etat de droit dans tout pays de son giron.

L’empreinte Embalo

La méthode de la carotte et du bâton employée par la mission Embalo-Yayi a été celle de prêter oreille attentive à ses interlocuteurs guinéens.

En diplomatie, comme dans toute relation humaine, le respect et la considération sont la charpente d’une négociation civilisée et prometteuse.

Minutieux, le médiateur désigné de la Cédéao dans la crise guinéenne, Thomas Yayi Boni et son équipe étaient déjà sur place à Conakry vingt-quatre heures avant l’arrivée du président Embalo, le 20 juillet. Ils ont pris la température et su déblayer la piste des pourparlers sur la durée de la transition et les actions phares à conduire.

Bon signe. A sa descente  d’avion, le président Embalo, qui était accompagné du nouveau président de la Commission de la Cédéao, le gambien Oumar Alieu Turay, a été accueilli par le colonel Mamadi Doumbouya.

Pour sa première mission à Conakry, il a rencontré le Premier ministre par intérim Bernard Gomou, des diplomates occidentaux et des représentants du G5 Sahel, le président du Cnt (Conseil national de transition), Dansa Kourouma. Ensuite, elle a eu des échanges avec le colonel Doumbouya. Dans la soirée, il a quitté Conakry avec dans sa valise la belle moisson à présenter lors du prochain sommet de la Cédéao.

(Article paru dans Le Populaire du lundi 25 juillet 2022)

 

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