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Ibrahima Diallo, Directeur-pays de Winrock International: «L’entreprenariat agricole construit un avenir meilleur»

Ce 8 février, la 12e promotion de l’Ecole nationale d’agriculture et d’élevage (Enae) de Koba a fait le choix de porter le nom du directeur-pays de l’ONG américaine Winrock International. Ibrahima Diallo conseille les diplômés de trouver leur voie dans l’entreprenariat agricole.

 Le Populaire: Comment accueillez-vous cet honneur ?

 Ibrahima Diallo: Cet honneur me va tout droit au cœur, car cet acte perpétue mon nom à jamais et grandit ma modeste personne. Cet honneur est aussi une reconnaissance de mes efforts et des efforts du peuple américain qui finance à travers l’USAID le programme Farmer-to-Farmer qui collabore avec cette école depuis 2012 dans le cadre d’un programme d’assistance technique à travers des volontaires américains. Ma collaboration avec cette école a permis aux enseignants de bénéficier de l’expertise américaine dans le cadre de la formation et l’éducation agricole.  Des experts venant des institutions américaines, des centres de recherche et ou de l’agro-business se sont relayés  à Koba et dans toutes les institutions d’enseignement agronomique de la Guinée pour former les enseignants qui, à leur tour, ont amélioré la qualité de leur enseignement. Je pense que c’est au vu des résultats de cette bonne collaboration que les étudiants, les enseignants et les autorités du ministère de l’Enseignement technique, Formation professionnelle et du Travail ont jugé nécessaire de donner le nom de cette 12e promotion à ma modeste personne.  Comme pour dire, le travail bien fait est toujours reconnu. Parmi les quatre écoles nationales d’agriculture et d’élevage du pays, l’école de Koba est la dernière-née. Mais depuis le démarrage du partenariat avec Winrock International, les autorités de cette école, tout comme les autres, se sont distinguées dans la mise en pratique des recommandations des volontaires de Farmer -to-Farmer. L’ancien directeur a été promu Secrétaire général du ministère de l’Enseignement technique. Une façon pour moi de vous dire que cette école et son département de tutelle ont une tradition de reconnaissance du mérite et du travail bien fait.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous en termes d’engagement et de modèle pour ces diplômés ?
Vous l’avez suivi dans mon discours, que je ne souhaite pas être le parrain ou l’homonyme d’une promotion de diplômés d’école d’agriculture et d’élevage qui vont être des conducteurs de motos-taxis. Mais plutôt, je veux être l’homonyme d’une promotion de véritables entrepreneurs agricoles. Les diplômés ont promis de s’investir dans ce sens. A mon tour, je me suis engagé à faciliter et à accompagner cette promotion composée de 17 Assistants techniques d’agriculture dont 3 filles et 12 Assistants techniques d’élevage dont 5 filles. Je vais, à travers mon réseau de contacts et mes connaissances dans le domaine, continuer à renforcer leurs capacités, à trouver des stages pour eux et soutenir leurs initiatives dans l’entreprenariat afin qu’ils soient compétitifs sur le marché. Déjà, la Directrice nationale adjointe du Conditionnement au ministère de l’Agriculture, qui est également fondatrice de l’unique école agricole privée du pays, a offert un stage à l’un des diplômés.

Le Président de la Confédération nationale des acteurs du secteur socioprofessionnel de l’élevage de Guinée (Conseg), à son tour, a promis d’offrir des stages à cette promotion dans le secteur de l’élevage. Comme vous le savez aussi, le ministère de l’Elevage et de la Production animale envisage de recruter à la Fonction publique. Donc, c’est une autre opportunité que je vais personnellement accompagner avec le soutien des parents des diplômés. Vu que ces jeunes viennent des quatre horizons de la Guinée, nous allons créer un groupe Whats-App pour être en contact et partager les opportunités qui s’offrent.

Un diplôme est un passeport pour la vie pratique. Mais est-ce suffisant dans un monde où chaque jour que Dieu fait les technologies apportent de nouveaux challenges ?
Le diplôme n’est qu’une étape, mais une étape importante. C’est maintenant que s’ouvre à eux la vraie vie. Avec la mondialisation, le monde est devenu un gros village. Donc, ce que ces diplômés vont faire maintenant va décider de la direction de leur vie d’Assistants techniques d’agriculture et d’élevage. Ils peuvent exercer leurs compétences ici en Guinée et aussi ailleurs dans le monde vu la qualité de la formation. C’est à eux de réaliser des choses exceptionnelles. Notre pays, la Guinée, étant le château d’eau de l’Afrique de l’ouest, les terres sont arables, riches et fertiles. Nous avons du bétail à foison et en bonne santé. Tout est là pour qu’ils puissent accomplir leurs ambitions et projets. Ils ne doivent pas chercher le bonheur ailleurs en allant risquer leurs vies dans le désert ou dans la Méditerrané.  Ils doivent avancer et réussir ici en Guinée quelques soient les obstacles qu’ils rencontrent. Car, il n’y a pas mieux pour qui veut construire un avenir meilleur. Ils doivent penser toujours qu’ils ont de la valeur et essayer d’être les meilleurs dans ce qu’ils font. Pour cela, il faut du courage, des sacrifices, de la discipline et de la constance. Si avant, la pratique de l’agriculture était synonyme de pauvreté, de nos jours, nous avons des jeunes qui s’investissent dans ce secteur et qui sont devenus des modèles de réussite. Ils sont un peu partout à travers la Guinée. L’Usaid, à travers son projet Feed the Future, a permis, tout comme d’autres partenaires de la Guinée, de former et de mettre sur le marché de l’entreprenariat agricole des centaines de jeunes. De nombreux fonctionnaires aussi s’y investissent, car la terre ne trahit pas.

 Vous qui avez l’honneur de porter le nom de cette promotion, vous engagez-vous donc à être à la hauteur des attentes ?
Bien sûr que oui. Je souhaite être à la hauteur de leurs attentes. Et je compte sur le soutien de chacun et de tous. C’est l’occasion d’ailleurs de remercier les autorités de l’École nationale d’agriculture et d’élevage (Enae) de Koba, les diplômés de la 12e promotion dénommée Promotion Ibrahima Diallo Farmer-to-Farmer et leurs parents pour la marque de confiance. Mes remerciements vont aussi, au peuple américain qui, à travers l’Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid), ne cesse d’accompagner notre cher pays dans son programme de développement, et aux autorités guinéennes particulièrement celles des ministères de l’Enseignement Technique, de la Formation professionnelle et du Travail, de l’Enseignement supérieur, de l’Agriculture et de l’Elevage, pour la bonne collaboration avec Winrcok international.

Pour clôturer cette entrevue, pourriez-vous nous en dire un peu plus sur le programme  Farmer-to-Farmer?
Avec plaisir. C’est un programme régional de cinq ans financé par l’Usaid. L’objectif est d’apporter l’expertise américaine dans le développement économique agricole de plusieurs pays d’Afrique de l’ouest en faisant venir des experts américains pour appuyer les organisations paysannes et renforcer les capacités des enseignants des institutions agronomiques. Le programme West Africa Farmer-to-Famer a deux volets. Le premier, c’est l’appui, la formation et l’éducation agricole qui consiste à renforcer les capacités des enseignants dans les écoles nationales d’agriculture et d’élevage. Le deuxième volet, c’est l’appui pour le développement des moyens de substance en milieu rural.

 Réalisée par Ahmed Tidiane Diallo

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