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Journée internationale de la langue maternelle : Adlam, un alphabet à apprendre

Rétrospective. La Journée internationale de la langue maternelle a été célébrée cette année en Guinée du 21 au 26 février avec pour objectif de promouvoir la diversité linguistique et l’éducation multilingue.

A cette occasion, Le Populaire s’entretient avec un  homme à plusieurs casquettes auquel la Guinée doit la création de la Coalition pour la promotion des langues maternelles (Colam).  C’est un formateur en langue Pular. Abdoul Haghui Diallo est chargé du pilotage de la Semaine de la langue Pular, du Hirdé Taali e Tindi, animateur des émissions Citoyenneté-NGendiyankeyagal et  Entrepreneuriat- Liggagol de la radio Renaissance Fm, Alumni du Centre régionale Yali Dakar en Civic leadership.

Ambassadeur du climat et blogueur, ce jeune guinéen est un promoteur tenace des langues africaines qui assume les fonctions de Secrétaire général de l’ONG Winden jangen Adlam-Guinée. Entrevue. 

Le Populaire : Sous quel thème est placée la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle cette année?

Depuis l’an 2000, l’Unesco a approuvé la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle, du fait qu’elle sait l’importance que joue la diversité linguistique et culturelle de nos sociétés pour préserver la paix et le vivre-ensemble.

Comme chaque année en ce 21 février 2023, l’Unesco tient ses engagements en faveur de la préservation des langues maternelles des États membres. Cette année c’est sur ce thème : l’éducation multilingue, une nécessité pour transformer l’éducation qu’elle a été célébrée. 

Cela signifie quoi pour vous contributeur à la promotion de l’écriture Adlam et fier locuteur de la langue peule ?

C’est déjà une reconnaissance envers ce que nous faisons de la plus grande institution internationale qui est le garant de la préservation des diversités linguistiques et culturelles dans le monde, c’est un sentiment profond de voir de thèmes de ce genre choisis par l’Unesco. C’est elle qui est la mieux placée à porter de plus en plus haut les ONG tels que la nôtre et faire bouger les choses et impliquer le gouvernement de chaque pays. En tant que promoteur de l’écriture Adlam qui est l’écriture authentique de la langue Pular, c’est un challenge qui nous a lancé. Est-ce que nous sommes fiers de porter le manteau de gardien de la langue Pular ? Allons-nous continuer à faire comprendre à notre société que ce noble combat en vaut la peine ? A nous de faire vivre le plus longtemps possible, le savoir, la tradition, la culture, l’éducation, ainsi que la langue de l’une des plus anciennes communautés que le monde a connu depuis l’antiquité avec la langue Pular. 

Bien qu’arrivée loin derrière les alphabets qui ont promu les langues de communication privilégiée sur le plan des échanges mondiaux, il est évident qu’en si peu d’années, Adlam a réussi à se tailler une place dans la communication et l’éducation des locuteurs de la langue peule. Comment cela a-t-il été possible, selon vous ?

Il faut noter que l’écriture Adlam est venu à un moment où la communauté fulbe avait perdu toute repère sur quoi s’appuyer réellement pour se préserver des tentations, des dépravations culturelles, idéologiques et linguistiques que le monde vit actuellement. C’était un besoin urgent que tout un chacun attendait, du moins toute personne soucieuse du bonheur de cette communauté. Le besoin était très fort à tel point que toutes les pistes ont été examinées. Tous les domaines ont été explorés. (…) Et c’est là qu’intervient l’écriture Adlam. C’est elle le panier où on va mettre ce qui nous appartient pour le garder soigneusement. Bien que le réveil commence maintenant, mais l’arrivée de l’écriture ouvre les esprits.  C’est ce qui fait qu’Adlam se propage comme une traînée de poudre. Tout le monde donne du peu qu’il a pour éclairer la communauté, sans rien attendre en retour. 

En Guinée, vous faites avancer l’écriture de l’Adlam avec optimisme. Comment faites-vous pour que vos actions soient toujours bien visibles sur les réseaux sociaux et les médias traditionnels, et surtout dans les échanges entre adeptes de la langue ?

Travailler pour Adlam avec optimisme, oui. Nous sommes  convaincus que seul le travail compte, et que si des langues qui ont moins de locuteurs que la langue pular ont une place de choix dans la politique linguistique continental et mondiale, c’est bon que l’on s’implique avec détermination pour relever le défi parc que le Pular est déjà une langue mondialement reconnue. La voir demain concurrencer l’anglais n’est pas une option à exclure. Toutes les langues se valent. Seul le travail de promotion peut faire la différence.

La science, le marketing, la religion, tout peut s’apprendre dans n’importe quelle langue. Le monde d’aujourd’hui est devenu un village grâce à la magie des réseaux sociaux. Donc comme tout ce qui s’y passe est vu par le plus grand nombre, chacun de nous promoteurs fait de son mieux pour que cette écriture soit visible.

Et c’est un conseil de tous les jours que les deux fondateurs de l’écriture Adlam : Thierno Ibrahima Jogo et Thierno Abdoulaye Barry ne cessent de nous prodiguer.

A chaque fois, il faut être présent, écrire, liker, partager, lire et faire des commentaires. C’est du volontariat pur et simple que nous faisons. C’est le fruit de ce volontariat qui fait que des jeunes et femmes trouvent dans l’Adlam  un meilleur chemin pour le présent et l’avenir.

 En quoi cette écriture nouvelle peut-elle être utile à nous autres qui avons pour langue de communication et de travail d’autres langues étrangères comme l’hébreu, l’arabe, le russe, le mandarin, le portugais, l’espagnol ou l’anglais ?

Comme vous l’avez mentionné bien qu’arrivée loin derrière les alphabets qui ont promu les langues de communication privilégiée sur le plan des échanges mondiaux, il est évident qu’en si peu d’années, Adlam a réussi à se tailler une place dans la communication et l’éducation. C’est bien évident que les lignes ne font que bouger. L’écriture Adlam de la langue pular n’est qu’à sa 34ème année depuis sa création en 1989. Le réveil des consciences qu’elle est en train d’opérer sur le plan de la communication fait qu’il y a de plus en plus de médias sociaux qui se créent avec des noms en Pular avec la diversification des domaines d’intervention. Il y a des médias qui ajoutent de nos jours l’option de la langue Pular dans les débats. Des stations de radio et de télévision essayent surtout d’ajouter Adlam dans leurs programmes. Du coup, les médias se rendent compte que la langue Pular fait augmenter leur visumat et leur audimat comme le français ou de l’anglais. Le Pular c’est une langue de marketing aussi, qui est actuellement en gestation.

 Vous êtes promoteur de l’Adlam. Comment peut-on accéder à vos services ?

Nos services sont gratuits en ce qui concerne l’apprentissage de l’alphabet adlam. Tout le monde y a accès sans problème.

Actuellement sur toutes les plateformes numériques pour apprendre à lire et à écrire en Pular.  Il y a même des applications vidéos faciles d’accès et gratuites pour tous. En Guinée, nous sommes implantés dans plusieurs préfectures du pays. Vous n’avez pas besoin de vous déplacer d’une ville à l’autre pour apprendre à lire et à écrire Adlam.

Dans la commune de Ratoma à Conakry, notre siège social se trouve à Wanindara T5. A longueur de journée les gens viennent apprendre à lire et à écrire. En plus, nous avons une bibliothèque bien montée.

Je vous remercie d’avoir répondu à nos questions.
C’est à vous le grand merci.
Réalisée par Alpha Abdoulaye Diallo

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