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La SEG prête à relever le défi de l’accès à l’eau potable pour tous

La direction générale de la Société des Eaux de Guinée (SEG) a débuté la célébration de la Journée mondiale de l’eau le mardi 21 mars 2023 par une rencontre d’échange avec les consommateurs à son siège social de Kaloum. L’objectif de cette rencontre a été d’expliquer les problématiques, les difficultés techniques et financières de la SEG. 

On notait la présence du Secrétaire général du ministère de l’énergie, de l’hydraulique et des hydrocarbures, Ahmed Sékou Keïta, du président du Conseil d’administration de la SEG, Bocar Baïla Ly, du représentant du président des consommateurs et de plusieurs autres personnalités. Le lendemain 22 mars, jour de l’événement, la SEG a consacré cette journée à une visite des installations de Coyah.

L’événement

Retour sur la journée du 21 mars qui a rassemblé le monde des acteurs et consommateurs de l’eau sous le thème : «Accélérer le changement». Notons que le Secrétaire général du ministère de l’Energie, de l’hydraulique et des hydrocarbures, M. Ahmed Sékou Keïta, a fait un discours au nom du Ministre de l’Energie, de l’Hydraulique et des Hydrocarbure.

  1. Keita, dit que l’événement de cette année est placé sur un thème qui vise à encourager les citoyens à apporter des petits gestes dans la manière dont ils utilisent, consomment et gèrent des sources d’eau pour résoudre la crise de l’eau dans le monde.

«L’eau est l’une des ressources les plus précieuses de notre planète et nous sommes conscients de son importance pour le bien-être et le développement de nos populations, affirme M. Keita.  «Malheureusement l’accès à l’eau potable et à l’assainissement restent un défi majeur pour de nombreuses personnes pour notre pays. Le secteur de l’eau repose essentiellement sur l’accès à l’eau potable, l’assainissement et la gestion durable et intégrée des ressources en eau», ajoute-t-il.

epa05020557 A young boy fills his cup from a water tanker in Coronation, Johannesburg, South Africa, 11 November 2015. The local city water department has been using tankers to distribute water to areas of the city that have been part of the cities water rationing. South Africa is experiencing its worse drought in decades with water shortages in the northern part of the country. The first major rain is only expected early 2016. EPA/KIM LUDBROOK

Relever le défi

Le Directeur général de la Société des Eaux de Guinée (SEG), Aboubacar Camara remercie tout d’abord le président de la Transition, le Colonel Mamadi Doumbouya, et Premier Ministre Chef du Gouvernement, Dr Bernard Goumou  qui mettent tout en œuvre pour que les Guinéens aient accès à de l’eau potable.

«L’eau, ce précieux don de la nature est au centre de nombreux enjeux dans le monde qu’ils soient sanitaires, alimentaires, socio-économiques, financiers, environnementaux, politiques et géopolitiques, indique le Directeur général. Notre pays est drainé par 1165 cours d’eau codifiés, formant 9 bassins nationaux et 14 bassins fluviaux internationaux, dont en particulier ceux du fleuve Sénégal deuxième plus grand fleuve de l’Afrique de l’Ouest, du fleuve Niger -le plus grand fleuve d’Afrique de l’Ouest-, du fleuve Gambie, de la Makona et du Diani ».

Le Directeur général Aboubacar Camara déclare qu’il «conscient de l’importance de l’eau pour notre pays, mais aussi des défis auxquels nous sommes confrontés,  à l’image de nombreux autres pays de la région».  Notamment à cause de « la pression démographique, les changements climatiques et la pollution».

Autant de «défis qui nécessitent une action urgente pour garantir l’accès à une eau de qualité à tous nos concitoyens».

La volonté ne manque pas pour relever ce défi, note M. Camara. «En effet, dit-il, l’accès à l’eau est un droit fondamental pour tous les citoyens, et il est de notre devoir de garantir cet accès de manière équitable et durable ».

Mieux, au niveau de la SEG, précise le directeur général Camara, «nous devons travailler en étroite collaboration avec toutes parties prenantes, entreprises, élus locaux, partenaires au développement, communautés et les organisations de la Société civile pour garantir une gestion efficace et durable de nos ressources en eau. Cela implique de promouvoir des pratiques responsables en matière d’utilisation de l’eau, de prévenir la pollution et de promouvoir la conservation des ressources en eau ».

Dans ce sens,  après le 5 septembre 2021, la SEG «s’est dotée d’un Plan de transformation étalé sur cinq ans» qui consiste à «achever la mise en service de nouvelles infrastructures d’eau potable à Tougué, Lélouma, Lola et Yomou ; à renforcer la desserte en eau potable des villes de Kankan, Kouroussa et Siguiri, à réhabiliter dans leur droit 192 agents qui ont intégré le personnel de la société, l’achèvement et la mise en service des conduites principales de transport d’eau traitée pour la ville de Conakry notamment entre la 14 et la 12 5, la réduction de la perte physique de plus de 20%, la pose de plus 50 000 compteurs, la normalisation de plus de 20 000 clients, les avancées en termes de négociation sur le schéma directeur du Grand Conakry».

Besoin de 2.7 milliards de dollars

N’arrivant pas « à couvrir les besoins de notre population en eau potable, du fait notamment de la vétusté des infrastructures», le Directeur Camara rappelle que «la plupart des installations datent de plus de 25 ans. C’est-à-dire qu’il n’y a pas eu d’investissement majeur dans ce secteur depuis 30 ans. Ce qui a provoqué la prolifération sauvage et anarchique de forages un peu partout» dans la capitale et les autres villes du pays.

Les statistiques présentent une «situation alarmante et désastreuse de l’approvisionnement en eau potable des populations dans les zones urbaines».

Avec un taux de desserte à travers les réseaux d’eau potable de la SEG très faible, en moyenne 7% pour les villes de l’intérieur et 31% pour la ville de Conakry. Aussi, souligne M. Camara, un risque sanitaire à moyen terme élevé par suite de consommation d’eau potentiellement pathogène provenant des puits tubulaires domestiques exécutés de manières incontrôlées sur toute l’étendue du territoire national. Un besoin urgent et important d’investissements dans les infrastructures des systèmes d’alimentations en potable des populations environ 2.7 Milliards de Dollars américains.

Face à l’urgence, la SEG va démarrer le quatrième projet eau, de doter les villes de Koubia, Beyla et Fria d’eau potable mais aussi construire de nouvelles infrastructures pour les 7 capitales régionales, d’ici à l’horizon 2030.

Le président du Conseil d’administration de la SEG, Elhadj Boubacar Baïla Ly, saisit l’occasion pour faire noter que  «la SEG est une société publique, chargée des services publics, qui sollicite des investissements colossaux donc les retours sur investissement sont souvent incertains, inattendus ».

  1. Ly appelle donc à soutenir la SEG. Un soutien qui commence par«ceux qui travaillent à la SEG»afin qu’elle soit une société publique « performante et viable». Car, «Si elle n’est pas performante, si elle n’est pas viable, on n’aura pas réussi notre mission ».
  2. Ly a déclaré que le souhait du président de la République, le colonel Mamadi Doumbouya, est que toutes les villes de Guinée aient de l’eau.

«Il faut harmoniser la gestion de l’eau dans notre pays, il faut la contrôler, la centraliser(…). Il faudrait que nous organisions des dialogues et des concertations qui sont les seuls moyens d’exclure les incompréhensions (…) source d’opposition», a conclu le président du Conseil d’administration.

Les spécialistes des ressources eau de l’ONU ont prévenu dans un rapport publié jeudi 23 mars 2023 que «sans mesures radicales, les deux tiers de la population mondiale resteront dans l’insécurité hydrique après 2030». A méditer !

Par Léon Kolié

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