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L’arche de Condé prend de l’eau

Le fichier électoral taillé sur mesure (dont la révision clôturée le 17 décembre 2019 présente un total de 8 millions d’électeurs, dont 5.276.272 valides) et l’impunité assurée aux présumés commanditaires des assassinats ciblés dans les zones réputées favorables à l’opposition politique (130 victimes inhumées à Bambéto) font que les perspectives d’une alternance au pouvoir par les urnes s’amoindrissent. Or, la nouvelle année née dans la crise sociopolitique aigüe, était perçue comme celle devant ouvrir la voie de la consolidation de la démocratie en Guinée.

Cette manière de voir, le régime Alpha Condé – aux couleurs de son parti le Rpg Arc-en-ciel – la relativise en brandissant un déploiement sans précédent de la puissance publique à la place d’un appel au dialogue devant asseoir les bases de la stabilité. « Le Gouvernement (…) tient à préciser qu’il ne saurait tolérer une quelconque dérive anarchique de nature à compromettre la quiétude sociale (…). Ce faisant, il (…) met en garde tout fauteur de trouble qui s’affranchirait des dispositions légales consacrées par la Constitution » en vigueur.

« Il invite les paisibles populations guinéennes à se rendre chacun à son travail et donne l’assurance qu’il veillera jusque dans les moindres détails au maintien de l’ordre public et à leur sécurité ». Le discours de son gouvernement aussi laisse croire que le régime Condé est rassuré de gagner le pari de l’organisation des élections législatives le 16 février prochain et faire passer son projet de changement de constitution qui entrevoit en son article 21 que « l’Etat a le devoir de promouvoir les épidémies et les fléaux sociaux ».Sic !

Mais si sa capacité de confondre ses adversaires (depuis 2010, Condé le champion du Rpg Arc-en-ciel s’est taillé la part du lion dans les scrutins) réconforte ses partisans, cette disposition de son projet constitue cependant une autre bévue qui encourage davantage les militants et sympathisants du Fndc et les acteurs syndicaux dans leurs revendications. La preuve par cent est là. Le syndicat des enseignants porté par Aboubacar Soumah est entré en grève le 9 janvier. Il accuse le régime Condé de violer les accords de 2018 et 2019.

Les leaders de l’opposition et les membres du Fndc annoncent qu’à partir de ce lundi 13 janvier rien ne sera plus comme avant : soit le régime met fin à son projet subversif, soit tout s’arrête. Ce qui signifie que les activités économiques pourraient impactées par le mouvement des manifestations ininterrompues à partir du lundi. Dans ce sens, un appel à cesser toute activité est lancé aux compagnies minières. Et comme l’économie et les finances sont un grand ensemble insécable, si le secteur des mines est affecté voire immobilisé par la crise, les portes des banques et commerces ne seront qu’entrouvertes.

Du moins pour assurer le service minimum, en attendant le retour à la normale. Puisque, de son côté, le syndicat des travailleurs de l’Electricité de Guinée (EDG) prévoit de fermer toutes les agences, districts et sièges de l’EDG à partir du mercredi 15 janvier, la distribution du courant à partir du 20 janvier, et de couper carrément l’électricité dans tout le pays à partir du 27 janvier, pour ne desservir que les sites stratégiques.

Par Gordio Kane

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