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Les dix leçons de la campagne présidentielle à retenir avant le jour fatidique du vote !

Que faut-il retenir de la campagne présidentielle de 2020, après 30 jours d’assauts de lectorat guinéen ?
Premièrement, c’est une campagne qui se tient dans un contexte politico-sanitaire exceptionnel avec la maladie au coronavirus qui sévit en Guinée et dans le monde. Malgré l’état d’urgence sanitaire décrété, aucun leader politique en lice n’a brossé le sujet et n’en a fait une préoccupation. La foule avait plus de sens que la santé publique. Ils ont tous échoué.
Deuxièmement, le parti au pouvoir s’est servi des moyens de l’État, a réquisitionné l’administration, a utilisé la police et la gendarmerie par manque de militants dans de nombreuses localités du pays. Le RPG a fait une campagne monnaie-torale avec des clients que de militants de convictions. La colonne de voitures remplaçait la foule. Plus de véhicules dans les meetings du parti au pouvoir que de spectateurs. Alors que, son principal challenger, Cellou Dalein Diallo drainait un monde fou partout.
Troisièmement, c’est l’échec de quelques soutiens du pouvoir à drainer du monde (certains ont mobilisé par endroits d’autres par contre, ont lamentablement échoué ). Il fallait faire recours au Président pour massifier. C’est un manque de légitimité des proches du Chef de l’État. Ils ne sont pas dans l’esprit du peuple. Alpha Condé a vite compris qu’il était suicidaire pour lui de dormir sur son laurier et laisser son adversaire gagner du terrain.
Quatrièmement, ce sont les invectives, les piques et l’usage abusif de l’ethnie et la communauté dans le jeu électoral. Un candidat a été sifflé persona non grata en Haute Guinée. Ce qui remet en cause totalement, l’égalité de chance entre les différents compétiteurs. C’était flagrant.
Cinquièmement, l’inégalité de chance entre les candidats dans l’occupation des espaces publicitaires. Le candidat Alpha Condé a colonisé la totalité des panneaux publicitaires avec l’indifférence de la HAC et de la Cour Constitutionnelle. C’est une fraude.
Sixièmement, à part Alpha et Cellou, les autres candidats étaient quasiment des accompagnateurs. Moins d’engouements. Ils étaient plus présents et intéressants à la télé, au journal de campagne que sur le terrain.
Septièmement, pour une fois, la Guinée expérimente le candidat aérien après l’échec de la visioconférence. Alors qu’un autre affrontait la dure réalité de nos routes dans un piteux état.
Huitièmement, pour une fois en Guinée, des partis politiques ont parlé de projet de société chiffré et détaillé. C’est une avancée majeure. Il faut juste regretter par endroit le débat ethnique qui s’est invité à la danse.
Neuvièmement, c’est la non-participation des grands Noms de la politique guinéenne tels que : Sidya Touré, Faya Millimono, Bah Oury, Lansana Kouyaté pour des raisons de craintes et de fraudes massives avec un fichier électoral qu’ils jugent trop favorable au pouvoir sortant.
Dixièmement, c’est le manque d’engouement d’un côté et de l’autre, l’absence des missions d’observations électorales. La Guinée a financé entièrement son processus électoral sans un seul centime étranger. C’est un motif de fierté pour le second et un sentiment d’inquiétude pour le premier en rapport à la sincérité du scrutin. L’un dans l’autre, le futur Président aura du pain sur la planche pour restaurer notre diplomatie internationale.
Cette observation est personnelle. Elle ne repose que sur des constats personnels.
18 octobre, que le meilleur gagne pour que la Guinée demeure et triomphe sur des aspirations personnelles, égoïstes et périlleuses ! Amen.
Par Habib Marouane Camara
Journaliste-Chroniqueur.

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