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Les femmes dans les médias en Guinée

Le journalisme est certes un métier passionnant, mais il est très contraignant surtout pour les femmes, et plus particulièrement les femmes journalistes qui sont dans les ménages. Le premier défi auquel elles se trouvent confrontées est la difficile conciliation entre la vie de couple et/ou de foyer et les exigences professionnelles. Ce défi paraît essentiel lorsqu’on sait que la femme journaliste n’a pas d’heures de service fixes et régulières surtout celle qui opte pour la presse écrite ou la presse en ligne. Elle sait quand elle quitte la maison mais ne peut jamais prévoir l’heure du retour.

Malgré ces contraintes, le journalisme se féminise de plus en plus en Guinée. Cette féminisation de la profession journalistique a été concrétisée depuis la libéralisation de l’espace audiovisuel matérialisée par le décret No 037/PRG/SGG du 20 août 2005  suivi de l’installation et l’opérationnalisation de 65 radios opérationnelles et 7 télévisions privées qui émettent actuellement, plus les deux  Radiodiffusions et télévisions guinéennes. Donc, 9. Des journaux privés, on en compte 70, plus un quotidien national gouvernemental et des médias d’informations en ligne au nombre de 218 sites opérationnels.

L’intégration des femmes journalistes au sein des médias s’explique aussi par la facilité de recrutement hors normes dont se servent les fondateurs des organes de presse privés et les patrons de presse pour embaucher sans aucune garantie juridique (par faute d’une Convention collective pour certains et par faute de moyens de subsistance pour d’autres), de formation et de traitement adéquat en faveur des postulants.

Ces femmes journalistes et technicienne, à travers leurs plumes, micros et caméras, s’emploient à présenter une image de femmes reflétant leur participation effective à la vie sociale, économique, politique, culturelle et d’une manière générale au développement.

C’est pourquoi les femmes journalistes sont sur tous les angles de reportage contrairement aux années précédentes où on ne leur donnait que des fiches de reportage sur les affaires sociales et les mamayas (danses publiques où on ne retrouve que des femmes) qu’on organisait au palais du peuple ou ailleurs.

Mais actuellement cela ne se voit plus parce que, les femmes journalistes grâce à leur courage, s’activent à être à la hauteur de leur travail. Si hier elles ne couvraient que les activités que les hommes considéraient comme attribuées aux femmes, c’est-à-dire les actions sociales, au jour d’aujourd’hui grâce à la  série de formations qu’elles ont suivies çà et là telle que « la sécurité et l’égalité du genre », elles couvrent tout ce qui tombe dans les salles de rédaction à savoir : les reportages politiques, économiques, culturels et même les investigations sur des sujets qu’on dit souvent critiques.

Mais pour ce qui est de leur présence au niveau des postes de prise de décision, la question reste entière et la volonté est manifeste aussi bien dans la presse privée que dans la presse publique mais pour ce qui concerne les attributions des rôles entre femmes et hommes, cela ne se pose plus comme problème, elle couvre tout ce qui tombe.

En effet, un calcul rapide permet de noter que sur environ 1000 journalistes et techniciens que compte aujourd’hui la presse guinéenne, on dénombre seulement environ 500 femmes soit un pourcentage de 50,33 %, tous corps de métier confondus.

Mais dans la presse écrite, le problème reste encore un problème de représentativité parce que très peu de femmes travaillent dans la presse écrite. Parce qu’elles estimaient que travailler dans un journal, surtout un quotidien, était plus contraignant que travailler dans l’audiovisuel car l’essentiel du travail se fait la nuit mais au jour d’aujourd’hui les femmes journalistes tiennent le coup.

Dans certaines salles de rédactions de la presse écrite, le nombre de femmes journalistes ne dépassait pas souvent un, mais aujourd’hui les femmes journalistes sont très nombreuses. Par exemple au niveau de l’AGP, selon le rédacteur en chef, on peut compter sur 6 femmes journalistes sur 20 journalistes ; un chiffre très élevé par rapport aux années précédentes où on ne pouvait trouver qu’une ou deux femme.

Au niveau du quotidien national Horoya, un journal gouvernemental, on retrouve 30 femmes journalistes sur 100 journalistes, et au niveau de la presse écrite privée on peut compter environ 10 femmes journalistes sur 50. Et là, la raison est simple, la majorité des femmes journaliste préfère l’audiovisuel par endroit vue l’ampleur du travail.

Les causes de cette présence très peu remarquable des femmes sont diverses, mais l’essentiel des problèmes est lié aux nombreuses difficultés qui jalonnent le parcours de la femme professionnelle des médias sujette à tous les risques : risques du métier mais aussi risques inhérents à son statut de femme.

Contrairement aux années précédentes, on dénombre plusieurs femmes journalistes dans les médias, notamment dans les rédactions de l’Agence Guinéenne de Presse (AGP), du Quotidien National Horoya, du groupe de presse de l’hebdomadaire Satirique « Le Lynx » et « La lance » et la presse en ligne, etc. Aujourd’hui, la réalité est que, dans l’ensemble de la presse écrite, sur 500 journalistes dans une salle de rédaction on peut dénombrer, 50 à 70 femmes ; ce qui dénote une avancée significative à considérer.

Au niveau du Journal Parlé de la Radiodiffusion télévision de la Guinée (RTG), seulement 20 femmes de tous âges rivalisent avec les hommes et se font distinguer par le traitement remarquable de l’information. Il en est de même au niveau de la Télévision Nationale mais les femmes sont sur le plateau de diffusion du journal Télévisé malgré leur petit nombre.

Pour Mme Aminata Bah, journaliste reporter à la Radio diffusion Nationale de Koloma, la situation des femmes dans les rédactions s’est beaucoup améliorée contrairement aux années précédentes. « C’est vrai que nous travaillons dans des conditions très difficiles mais aujourd’hui , sur le plan de reportage la situation s’est quand même amélioré parce que nous couvrons les mêmes activités que les hommes (politique, économique, enquête sur les questions de développement)  ; le problème crucial se situe au niveau des postes de prise de décision qui ne varie pas beaucoup jusqu’à présent, parce que sur 15 postes de responsabilités nous n’avons que 6 postes et, avec ces postes justes trois femmes qui arrivé à pouvoir prendre des décision sans se référer à la hiérarchie. Mais avec la formation sur l’égalité et la sécurité des femmes dans les médias qu’on a suivie avec l’Association des Journalistes de Guinée, les femmes commencent à réclamer leurs droits surtout le droit à la formation et aussi le droit à l’égalité des chances ».

Selon Mme Bah, cet état de faits nous ne doive pas les amener à baisser les bras, la femme journaliste ne doit pas se laisser faire avec les hommes on a dépassé ce cap, nous « femmes journalistes nous devons faire preuve de professionnalisme dans le travail ; c’est ainsi qu’on pourra se faire respecter et obtenir des responsabilités».

De plus en plus de femmes embrassent le métier de journaliste en Guinée. Peu de femmes sont responsables ou occupent un poste de responsabilité dans les médias guinéens. Par contre, nous voyons de plus en plus de femmes techniciennes aussi bien à la radio qu’à la télévision. Les femmes journalistes doivent se battre tout en se formant pour mieux se positionner tant dans les rédactions que dans les structures de communication, conclut Mme Bah.

Par Kadiatou Thierno DIALLO

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