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Liberté de la presse : La Guinée perd 3 points

Reporter sans frontières (RSF) a publié mardi 21 avril 2020 son classement annuel en matière de liberté de la presse dans le monde. Il ressort que la Guinée, 107e en 2019, a perdu 3 points et se positionne à la 110e place sur 180 pays, cette année. «Les journalistes dans la tourmente», tel est l’intitulé du commentaire de l’Ong Rsf sur le cas spécifique de la Guinée.

RSF écrit qu’«en Guinée, le régime du président Alpha Condé n’est pas tendre envers la presse. Le président tient souvent des propos sévères envers les médias nationaux et internationaux, et les organisations de défense de la liberté de la presse. Les autorités tentent régulièrement de censurer les médias critiques du pouvoir sous des prétextes administratifs ou juridiques. Ces dernières années, l’accréditation du correspondant de RSF et RFI a été suspendue à la suite d’une enquête sur la responsabilité présumée de militaires dans la mort de deux hommes. Plusieurs journalistes étrangers ont également été contraints de quitter le pays après des accusations, notamment d’espionnage, montées de toutes pièces. Malgré la dépénalisation des délits de presse, avancée notable pour la liberté de la presse dans le pays, il arrive encore que des journalistes fassent l’objet d’arrestations et de détentions qui peuvent durer plusieurs jours».

Dans son rapport, l’Ong s’inquiète aussi de l’annonce faite par le ministre de la Communication, Amara Somparé sur une éventuelle révision de la Loi sur la presse  alors que la loi sur l’accès à l’information adoptée en 2010 n’a toujours pas été promulguée.

Sur les causes du recul de la Guinée, la présidente de la Haute  autorité de la communication (Hac) essaie subtilement de culpabiliser les journalistes. «Vous en tant que journalistes posez-vous la question. Faites une introspection et voyez votre comportement. Réunissez-vous et voyez ce qui va et ce qui ne va pas. Et qu’à partir de là, Reporters Sans Frontières fasse son classement», réagit Mme Martine Condé assurant que «la Hac continuera à faire son travail de régulation».

Une « place bien méritée »

Selon le président de l’Association guinéenne des éditeurs de la presse indépendante (Agepi), Alpha Abdoulaye Diallo par ailleurs fondateur de l’hebdomadaire Le Populaire, la Guinée mérite bien sa place.

«Malgré l’existence de la liberté de la presse dans notre pays, malgré le fait qu’il n’y a pas encore de journalistes en prison, les actes que les pouvoirs publics posent font que cette liberté de la presse reste toujours à arracher. Si vous avez bonne souvenance, l’année dernière a été une année catastrophique pour la liberté de la presse avec les interpellations, les mises sous contrôle judiciaire de journalistes. Vous vous rappelez de l’affaire Lansana Camara et quelques temps après, l’affaire Lynx FM après leur interview avec dame Doussou Condé.  Et, vous avez vu aussi que le régime a commis l’erreur de mettre en prison celui que nous appelons le symbole de la lutte pour la liberté de la presse et par ricochet pour l’avènement de la démocratie dans notre pays, je veux nommer Souleymane Diallo. Donc, tout cela contribue à jeter du discrédit sur le travail qui se fait à la fois par les médias, mais aussi par les institutions régulatrices de l’information et de la communication. Donc, notre pays mérite bien cette place», estime, pour sa part, le président de l’Agepi.

Par Le Populaire

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