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Révision des listes électorales: Feu vert pour restreindre les délais légaux

Pour organiser le premier tour de l’élection présidentielle le 18 octobre prochain, la Ceni a obtenu l’aval de la Cour constitutionnelle de restreindre les délais légaux concernant la révision, l’affichage, la correction et la gestion du fichier électoral. Et ce n’est pas fortuit.

L’article 48 de la Nouvelle Constitution dispose que la fonction présidentielle commence par la prestation du serment. Cela dit qu’il se représente ou pas, Alpha Condé finit son second mandat, le 21 décembre prochain. Et cette Nouvelle Constitution dispose en son article 43 que le scrutin pour la présidentielle se tienne 90 jours au plus tôt et 60 jours au plus tard avant l’expiration du mandat du président de la République. C’est en conformité avec cette disposition que la Ceni a proposé la date du 18 octobre pour le premier tour de la présidentielle 2020.

Dans le contexte actuel, Alpha Condé peut, certes, décider de tenir le scrutin, plus tôt, mais il ne peut aucunement proroger la date du 18 octobre proposée par la Ceni. S’il confirme la proposition de la Ceni, le chef de l’État devra alors convoquer le corps électoral au plus tard le 10 septembre, soit 38 jours avant le scrutin, pour être en accord avec l’article 62 du Code électoral.

Fichier plein de fictifs

Pour la révision du fichier électoral, l’article 17 du Code électoral prévoit un recensement chaque année, du 1er octobre au 31 décembre. En cas d’établissement ou de révision à titre exceptionnel des listes électorales comme c’est le cas cette année, «les dates d’ouverture et de clôture de la période d’établissement ou de révision sont fixées par décision du président de la Ceni dans un délai raisonnable». Sous prétexte de n’avoir pas «un délai suffisant pour pallier aux contraintes liés à la mise en place des nouveaux membres des démembrements et aux opérations d’affichage, de correction et de gestion de contentieux», la Ceni a saisi la Cour constitutionnelle qui, dans un arrêt rendu, le 18 juin 2020, l’autorise à restreindre en 15 jours l’opération de révision à titre exceptionnel des listes électorales qui ne portera que sur la vérification et l’enrôlement de 2,4 millions d’électeurs mis de côté lors du double scrutin du 22 mars dernier et l’enrôlement des électeurs ayant 18 ans révolus.

Cette décision devra intervenir avant le 10 septembre prochain, à laquelle date Alpha Condé doit convoquer le corps électoral. Mais, mais, de 4,2 millions en 2010, le fichier électoral compte 7,7 millions inscrits en 2020 n’eût été le retrait de «2,4 millions d’électeurs problématiques» soit une augmentation de plus de 54%. Selon le Recensement général de la population et de l’habitat, en 2014 sur 12 millions d’habitants, 51,3% ont moins de 18 ans. Or, il faut avoir 18 ans révo- lus pour être électeur comme le précise l’article 3 du Code électoral.

A ce niveau, question: comment la Guinée peut-elle avoir plus de la moitié de sa population totale comme électeur si son fichier électoral n’est pas celui de la triche ? L’opposition politique membre du Front national pour la défense de la Constitution (Fndc) n’est pas seule à crier au scandale. La communauté internationale est du même avis. Quant à elle, la Ceni soutient qu’elle se conformera à l’arrêt de la Cour constitutionnelle, insusceptible d’aucun recours, pour dérouler son chronogramme. Et tient parole.

La preuve? La première session du Comité inter-parties s’est tenue vendredi 3 juillet en l’absence des ténors de l’opposition qui exigent en vain la dissolution du Parlement et l’annulation de la nouvelle Constitution. dans la rue ce mercredi 8 juillet. Les autorités ont dit non. La manifestation est reportée au 20 juillet. Mais déjà, dans la cité, l’on se demande comment ce Fndc qui a raté sa vocation première d’empêcher le changement de Constitution, saura-t-il stopper la Ceni dans son élan visant à réaliser l’ambition électorale du régime.

Par Abdoul Malick Diallo

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