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Tout a été rendu cher, Dr Fodé Mohamed Soumah montre celui qui va payer la facture de la mauvaise gouvernance

Leader de Génération citoyenne (Geci), le 5e vice-président de l’Assemblée nationale est le porte-parole du chef de file de l’opposition parlementaire. Dr Fodé Mohamed Soumah est déçu de la gouvernance Condé qui affame le peuple de Guinée en période de jeûne du mois de Ramadan et qui prévoit la révision à la hausse du prix du litre du carburant à la pompe. Il le dit au micro de notre reporter.

En sa qualité de porte-parole du chef de file de l’opposition parlementaire dénonce l’absence de système de contrôle des prix qui est à la base de la flambée des prix des denrées alimentaires de première nécessité en cette période de jeûne du mois de Ramadan.

«C’est vraiment frustrant d’observer en ce mois de pénitence que les populations guinéennes n’arrivent pas à manger convenablement, parce qu’il y a une hausse vertigineuse du prix des denrées de premières nécessitées dans nos différents marchés. Je dirai que cette faute émane du gouvernement parce qu’il n’a pas (mis en place un système de) contrôle total des prix des articles sur les marchés ».

Dr Soumah fait le lien de la cherté des prix avec la fermeture unilatérale des frontières guinéennes avec le Sénégal et la Guinée Bissau, deux pays soupçonnés d’accueillir des opposants au régime en place et de soutenir ouvertement le principal chef de l’opposition guinéenne. « Il reste évident que cette hausse du prix des denrées pendant cette période de jeûne est quelque part aussi le jeu de la fermeture de nos frontières avec certains pays limitrophes notamment, le Sénégal et la Guinée-Bissau», soutient Dr Soumah.

«Je pense que ce jeu infantile n’arrange pas le peuple de Guinée qui en souffre énormément. Il faudrait que le président Alpha Condé et son gouvernement rouvrent immédiatement ces frontières avec nos voisins pour que ce peuple de Guinée soit alimenté comme auparavant, afin de soulager le panier de la ménagère ».

A l’image de tous ceux qui sont sensibles à cette situation, le leader de Geci et porte-parole du chef de l’opposition parlementaire se déclare: «complément meurtri » de voir « ce peuple de Guinée en train de souffrir pendant ce mois de pénitence au vu et au su de ce gouvernement ». Ce châtiment infligé aux populations par la gouvernance Alpha Condé, est « extrêmement grave », regrette Dr Fodé Mohamed Soumah.

Depuis l’annonce formulée par le gouvernement Kassory Fofana autour d’une augmentation du prix du carburant à la pompe après le mois de Ramadan, le porte-parole de Mamadou Sylla ne cache sa tristesse.

Selon Dr Fodé Mohamed Soumah cette mesure ne se justifie que par le « manque de compassion et de pitié des gouvernants », qui, selon lui, ont gaspillé les deniers publics à travers les dernières campagnes électorales et le référendum constitutionnel, et les détournements de deniers publics qui poussent le gouvernement à vouloir coûte que coûte renflouer les caisses de l’État.

Comparaison n’est pas raison

Sur la même lancée, le leader du parti Geci déclare : «il faut qu’on arrête de se comparer à des pays qui n’ont pas les mêmes pouvoirs d’achat que nous. Je crois que la comparaison n’est pas le prix à la pompe, la comparaison c’est le pouvoir d’achat que nous avons. Je crois que la comparaison, ce n’est pas le prix du litre à la pompe ».

Dr Soumah s’explique : « lorsque vous avez le prix du litre à 14 000 en France et que vous  êtes à 9 000 ici, vous ne pouvez pas comparer. Parce que lorsque vous avez ici un Smig à 40 euros en France, c’est plus de 1000 euros. Lorsque vous vous comparez à la Côte d’Ivoire ou au Sénégal, ce n’est pas le même pouvoir d’achat. Aucune augmentation n’est justifiée dans la mesure où lorsque le prix était au plus bas, la Guinée n’a pas baissé le prix. Aujourd’hui, c’est un effet mécanique. La demande mondiale a chuté, la production mondiale a baissé. Donc, je ne comprends pas ce déséquilibre entre l’offre et la demande par rapport à cette augmentation qu’on veut nous vendre».

Le parlementaire dit que « cette augmentation, si elle était vraiment pensée, repensée, on ne la diffèrerait pas après le mois de Ramadan ». Ensuite, argumente le vice-président du parlement présidé par l’honorable Amadou Damaro Camara. Cette augmentation en vue « ne se justifie pas ».

Dr Soumah fait constater que «les caisses (de l’Etat) sont vides. On a gaspillé les deniers publics. Il y a eu des détournements et puis on est tellement orgueilleux, on a dit qu’on va organiser nous-mêmes les élections sans l’apport de qui que ce soit. Je crois qu’on est enfoncé dans le gaspillage et aujourd’hui on se réveille avec une triste réalité. C’est que les caisses sont vides, donc il faut les renflouer. » Mais qui pour les remplir ?, interroge le député de la 9e législature qui souligne que la gouvernance Condé n’a pas d’autres aides à demander ailleurs. Raison pour laquelle il fait payer ses la factures de ses errements aux « pauvres populations ».

A beau parler de cette situation, le député Soumah se demande « si ces gens-là ont une petite notion de science économique, ou bien de pitié, de compassion ». Pauvres de nous !

Par Léon Kolié

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