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Le mercenaire de la plume François Soudan continue de sévir

Dans un article de cinq pages du numéro daté du 16 au 22 février 2020 de l’hebdomadaire Jeune Afrique, le mercenaire de la plume François Soudan, stipendié par le pouvoir tyrannique d’Alpha Condé en Guinée, a tenté une nouvelle fois de voler au secours de son maître de Conakry.

Dans un tissu de mensonges et d’arguments fallacieux, le plumitif François Soudan justifie le double scrutin des législatives et du référendum anticonstitutionnel prévu par Alpha Condé le 1er mars 2020.

Comme la Constitution américaine, la Constitution guinéenne ne peut être changée. Elle résulte d’une série de régimes tyranniques qui émaillent l’histoire de la Guinée et qui en tire la conséquence. Elle peut seulement être amendée ou révisée. A l’exception de l’article 154 qui verrouille la durée et le nombre de mandats présidentiels pour empêcher des aventuriers comme Alpha Condé d’instaurer le pouvoir à vie comme il tente de le faire actuellement. Ne pouvant modifier cet article fondamental, il n’a d’autre solution que de changer toute la Constitution, ce qui est illégal.

Les Accords du 10 janvier 2010 d’Ouagadougou au Burkina Faso ont clos la crise sociopolitique née du coup d’Etat du capitaine Moussa Dadis Camara (23 décembre 2008) et ont prévu l’instauration d’une Constitution par un Conseil National de la Transition (CNT) chargé d’exercer le pouvoir législatif. Au lendemain de l’élection présidentielle de 2010, cette Constitution devait être institutionnalisée par un référendum.  Une fois élu, Alpha Condé a volontairement ignoré cette disposition car elle l’empêchait de faire plus de deux mandats. Ce faisant, il a violé les Accords d’Ouagadougou qui ont présidé à son élection.

Par la suite, il violera à maintes reprises la Constitution sur laquelle il a prêté le serment, le 21 décembre 2010, de la respecter. A titre d’exemple, il est resté président du parti politique au pouvoir, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), en violation flagrante de l’article 38 de la Constitution qui stipule que « le président de la République doit cesser d’exercer toutes responsabilités au sein d’un parti politique. »

L’Assemblée nationale actuelle est devenue caduque depuis octobre 2018 car élue en septembre 2013 pour cinq ans. Alpha Condé a refusé de convoquer le corps électoral pour la renouveler à temps car il envisage de faire glisser les échéances électorales pour les amener à se télescoper et aboutir finalement au glissement du mandat présidentiel, en cas d’échec de la modification constitutionnelle (qu’il a prévue depuis le début de son pouvoir), à la manière de Joseph Kabila en RDC.

Il n’a jamais respecté les échéances électorales. La Constitution prévoit que les élections législatives devaient intervenir 6 mois après l’élection présidentielle de 2010. Elles n’ont eu lieu qu’en septembre 2013, trois ans plus tard, après que l’opposition ait procédé à de multiples manifestations publiques – autorisées par l’article 10 de la Constitution, et qu’Alpha Condé a réprimées violement par ses forces de l’ordre faisant des morts que nous allons comptabiliser plus loin.

Le scribouillard François Soudan ment effrontément en affirmant que des initiatives ont été prises pour améliorer la fiabilité du processus électoral. Il cite : la mise à jour du fichier électoral, les kits d’enrôlement biométriques, le logiciel de lecture faciale permettant d’éliminer les mineurs frauduleusement inscrits et le recrutement d’un opérateur technique par appel d’offres.

Voilà quatre grossiers mensonges. Premièrement, le fichier électoral n’a jamais été mis à jour. Il comporte 7 764 130 électeurs en 2019, selon la CENI, sur une population totale de 12 218 357 habitants, selon l’Institut national de la statistique (INS), soit un taux aberrant de 63% contre une moyenne de 40% dans la sous-région ouest-africaine. Une autre aberration : le corps électoral a augmenté de 30% entre 2015, date de la précédente élection présidentielle, et 2019, soit en 4 ans. De plus, dans la région de Kankan, fief d’Alpha Condé, le corps électoral a augmenté de 54,06% contre 22,87% dans celle de Labé, fief du chef de l’opposition, Cellou Dalein Diallo.

Deuxième mensonge, les kits d’enrôlement biométriques. Il est faux de dire que tous les électeurs ont été enrôlés par ce procédé.

Troisième mensonge, le logiciel de lecture faciale pour repérer les mineurs. Qui peut croire qu’un tel logiciel puisse stopper des électeurs frauduleux mineurs et les empêcher de voter ?

Quatrième mensonge, l’opérateur technique slovaque Innovatrics n’a pas été recruté par appel d’offres mais choisi par Alpha Condé.

Une mission technique de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a été envoyée à Conakry du 10 novembre 2019 au 7 février 2020, dirigée par l’ancien ministre malien des Affaires étrangères, Thiéman Coulibaly, pour évaluer la mise en œuvre des recommandations de l’audit international du fichier électoral réalisé conjointement en 2018 par l’OIF, les Nations unies et l’Union européenne.

Cet audit international de 2018 avait révélé que « le fichier électoral de 2015 comportait 2 490 664 électeurs problématiques… qui continuent malgré tout de figurer dans la base de données actuelle » (Communiqué de presse de la mission d’assistance électorale de l’OIF en République de Guinée). « Il s’avère que 98% de ces électeurs ne disposent pas de documents permettant leur identification, bien que la loi prévoie 6 types de pièces pour justifier l’identité et l’âge de l’électeur. » Ce sont évidemment des électeurs fictifs, soit 32% du corps électoral. C’est du jamais vu dans aucun pays au monde.

En conclusion, la mission de l’OIF annonce le 24 février 2020 son retrait du processus électoral en Guinée. Le Parlement européen, pour sa part, dans une résolution du 13 février 2020 condamne sévèrement les violations des droits de l’homme en Guinée par le régime d’Alpha Condé et appelle à l’alternance démocratique. De même, les puissances occidentales accréditées en Guinée refusent de cautionner le processus électoral actuellement en cours.

Cinquième mensonge du mercenaire de la plume François Soudan, les partis de l’opposition radicale, pour employer ses termes, n’ont pas validé le processus technique et administratif du processus électoral. Ayant fait le constat que les recommandations de l’audit international n’étaient pas mises en œuvre, les 7 représentants de l’opposition au sein de la CENI se sont retirés le 18 décembre 2019 du processus électoral.

Dès lors, des élections législatives sans la participation des 5 partis de l’opposition (l’UFDG de Cellou Dalein, l’UFR de Sidya Touré, le PEDN de Lansana Kouyaté, le Pades d’Ousmane Kaba et le BL de Faya Millimono) n’ont aucune signification. Mû par le seul souci de rester au pouvoir, le tyran Alpha Condé va pourtant persévérer dans son projet machiavélique.

Le plumitif François Soudan ne sait pas ce qu’est une Constitution. Il prétend qu’Alpha Condé veut la moderniser. Pour cela, il énumère les mesures suivantes : école obligatoire jusqu’à 16 ans, élévation à 18 ans de l’âge du mariage, éligibilité ramenée de 25 à 18 ans, interdiction des mutilations génitales, de l’esclavage et du travail des enfants, obligation pour le gouvernement et les assemblées de comporter au moins un tiers de femmes, abolition de la peine de mort.

La Constitution est la loi fondamentale d’un pays. Elle instaure l’Etat de droit et crée les conditions de l’alternance démocratique. Elle n’est pas le Code civil. Tout ce que le scribouillard Soudan énumère relève de l’organisation de la société et par conséquent de lois organiques à voter par l’Assemblée nationale. Ces mesures ne sont pas à être inscrites dans la Constitution.

Le mercenaire Soudan ment effrontément en affirmant que le régime d’Alpha Condé a interdit aux forces de l’ordre de tirer à balles réelles et que cette interdiction « est globalement respectée ». Il passe sciemment sous silence la loi scélérate du 6 juillet 2019, votée par l’Assemblée nationale, qui donne aux gendarmes le pouvoir discrétionnaire de tirer à vue sans craindre des poursuites.

Le 13 novembre, l’ONG de défense des droits humains, Amnesty International, présente un rapport accablant sur la situation en Guinée, mentionnant qu’au moins 70  manifestants ou passants ont été tués depuis janvier 2015, tandis que 109 personnes sont décédées en détention, soit un total de 179 morts.

Le mercenaire de la plume Soudan ne s’embarrasse pas de ces morts et affirme que la communauté internationale n’interviendra que lorsque le nombre de morts dépassera un certain « seuil critique ». Il veut peut-être 1 000 morts ou davantage.

Il continue de salir sa signature en se nourrissant grassement du salaire de la honte. Mais il le paiera cher car il finira dans les poubelles de l’histoire. Nous nous y emploierons quand la Guinée sera libérée de la dictature sanguinaire et destructrice de l’apatride Alpha Condé. Plus grave, il salit Jeune Afrique.

Nous comptons sur Marwane Ben Yahmed, symbole de la jeunesse audacieuse, qui va tourner la page de l’ancien monde, nettoyer les écuries d’Augias et laver l’honneur de Jeune Afrique.

Le Réveil
Une plateforme de la société civile guinéenne

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