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L’éligibilité du Président Antonio : la Commission Électorale au centre des regards

La lettre signée du directeur Associations membres de la FIFA, le Français, Jean Marc Kenny et adressée au secrétaire général de la Fédération Guinéenne de Football, en réponse à une plainte de l’Association Sportive de Kaloum contre la candidature du Président Antonio Souaré à sa propre succession fixe les regards sur la Commission Électorale, ultime arbitre de ce contentieux.

Il est d’abord important de savoir que la FIFA est comme un État. L’un des États, les plus démocratiques du monde où la Constitution ( les Statuts et autres textes) consacre la séparation effective des pouvoirs.

Conformément à l’article 52 des Statuts de la FIFA, les Commissions de Discipline, de Recours et d’Éthique constituent les organes juridictionnels de la FIFA. Les membres de ces trois entités sont sélectionnés en fonction de leurs connaissances, leurs capacités et leur expérience, qui doivent permettre le rôles et missions sont clairement définis au niveau de la FIFA.
De Zurich à Canberra, en passant par Berlin, Londres, Paris, Alger, le Caire, Rabat, Dakar, Conakry, Lomé, Yaoundé, Bangui, Nairobi, Pretoria, México, Buenos Aires, Brasila, Beijing, Tokyo, Séoul, Abu Dhabi, les officiels, athlètes, agents et intermédiaires des 211 Associations membres affiliées ainsi que les membres du Conseil de la FIFA et de toutes les Associations continentales sont soumis aux mêmes principes et régimes juridiques. Tous sont justiciables devant les organes juridictionnels que sont la Commission de Discipline, la Commission d’éthique et la Commission de Recours formellement indépendants.

Autrement dit, le Président de la FIFA, Gianni infantino, la Secrétaire Générale, Mme Fatma Samoura, le Président de la CAF, Motsepe, le 1er vice-président et Président de la Fédération Sénégalaise de Football, Me Augustin Senghor, le Président de l’UFOA Zone A et Président de la Fédération Guinéenne de Football, Antonio Souaré sont au même titre que l’arbitre Ahmed Sekou Toure ou l’agent Diallo Ibrahima Dioulde sont tous passibles de poursuite devant ces différentes juridictions totalement indépendantes en fonction de la gravité ou du degré des incriminations.
C’est justement grâce ou au nom de ce principe de séparation des pouvoirs “nul n’est au-dessus de la loi ” que la Commission d’éthique avait ouvert une enquête préliminaire visant le président de l’instance Gianni Infantino, jusqu’à présent sous le coup d’une procédure pénale en Suisse.
Cependant, si le numéro 1 de la FIFA est, depuis fin juillet 2020, poursuivi au pénal en Suisse, il a pu bénéficier au niveau de la justice interne de la FIFA d’un classement de l’affaire dans laquelle il est incriminé :
“Après avoir examiné la documentation et les preuves pertinentes”, la présidente de la chambre d’instruction de la commission d’éthique a décidé de “classer l’affaire en raison de l’absence évidente de preuves concernant toute violation présumée du Code d’éthique”, avait indiqué la Fifa dans un communiqué.
Et Infantino, lui-même, a assuré n’avoir “rien à cacher” dans une lettre adressée au début du mois de juillet 2020 aux fédérations membres dans laquelle il a déploré le “préjudice considérable” causé à la Fifa et à lui-même.
Cité le 27 avril 2018, par un rapport d’un groupe de travail d’évaluation de la Fifa, en charge d’examiner les candidatures à l’organisation de la Coupe du Monde sur “un lien familial entre Fatma Samoura – dont le nom complet est Fatma Samba Diouf Samoura – et l’ancien attaquant de Liverpool El Hadji Diouf, ambassadeur pour la candidature marocaine”, selon une information exclusive la BBC à l’époque, Fatma Samoura aurait été envoyée devant la commission d’éthique de la FIFA – en raison de ce prétendu lien de parenté non déclaré – pour violation de son code d’éthique relatif au «devoir de divulgation, de coopération et de signalement» et aux «conflits d’intérêts».
Toutes propositions gardées, le Président Antonio Souaré a vécu la même situation avec la même commission d’éthique. Entre le 25 juillet 2017 et le 29 janvier 2021, la justice interne de la FIFA a longuement enquêté sur le président Antonio Souaré avant d’aboutir à la conclusion d’abandon des poursuites.
Si son authenticité ne souffre d’aucun doute, la directive sinon instructive lettre du nouveau directeur Associations membres, Jean Marc Kelly à la Commission Électorale de la Fédération Guinéenne de Football mérite de tenir compte de tous les autres éléments ignorés mais contenus dans la décision invoquée.

Le 09 mars 2021, le Président de la Chambre de jugement de la Commission d’éthique a entériné par une sentence sans appel, l’accord de consentement mutuel et libre du 26 février 2021 entre les parties portant versement de 20 000 francs Suisses, et qui stipule : ” Monsieur Mamadou Antonio Souaré n’est pas interdit d’activités liées au et qu’il peut continuer ses fonctions à la FIFA, à la CAF et à la FEGUIFOOT ”
Cette sentence a déterminé celle du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) rendue le 11 mars 2021 contre l’invalidation de sa candidature par la Commission de Gouvernance au Comité Exécutif de la CAF et le rétablissement du Président Antonio Souaré dans ses droits d’éligibilité au Congrès du 12 mars 2021 à Rabat. Pour les mêmes motifs que ceux brandis par la Commission de Gouvernance de la CAF pour tenter de l’écarter de la course continentale, les mêmes éléments de preuves devraient servir à lever les obstacles actuellement dressés pour empêcher le Président Antonio Souaré de rempiler.
Cependant, à la lumière d’une fin d’un mandat particulièrement tumultueux avec toutes ces péripéties de problèmes intenables face à une tenace volonté de servir le Football Guinéen confondu à sa vie, le Président Antonio Souaré, plus que jamais, est à la croisée des chemins. Le temps de la réflexion et de la vraie méditation est arrivé.

Abdoulaye Condé
Journaliste.

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