Le Populaire
Actualités Conakry Guinee Politique Sociéte

Forces de l’ordre : Le lien entre le peuple guinéen et son armée

Ce fut le 2 octobre 2018 au stade doublement historique du 28 septembre. Un chef militaire de talent et sa troupe y offrirent un défilé militaire sans précédent mené avec un art majestueux.

Il y avait de l’assurance, de l’agilité et de la fierté dans le balancement des bras, le croisement harmonieux et solennel des jambes ainsi que la vigueur robuste des gestes et des pas. Ce chef s’appellerait Mamadi Doumbouya. L’Etat-major des armées et lui avaient réussi ce jour-là une réconciliation soudaine et passagère entre le Peuple mobilisé de Guinée et ses forces de l’ordre. Tous les Guinéens en étaient admiratifs et n’avaient sur leurs lèvres que des hommages à leur armée nationale !

Une dizaine de Chefs d’Etat dont ceux du G5 – Sahel étaient présents et témoignèrent de ce spectacle offert par l’armée guinéenne qui semblait ainsi montrer au monde, le sommet de l’iceberg de sa rassurante et discrète force de frappe. Chaque guinéen en était fier. Un journaliste sénégalais rendant compte à la télévision sénégalaise de la participation de Macky Sall à la fête remarqua le caractère dissuasif de ce genre d’exploit militaire face aux forces terroristes menaçant tous les pays.

On dirait que cette image effaça aussitôt et pour quelques temps, en Guinée et ailleurs, les vilaines images que les forces de l’ordre ont souvent offertes ici à leurs populations. Elle venait de mettre derrière le rideau les courses-poursuites innocentes entre agents habillés et petits garçons dans les quartiers de l’Axe du mal, le renversement musclé des repas en cuisson dans les marmites pot-au-feu des ménages pauvres des ghettos urbains, la distribution ciblée de gaz lacrymogène en direction de leaders politiques et manifestants parfois en route pour des enterrements de militants tués par des gens armés. Si par la suite des actes malencontreux n’étaient venus en 2020, assassiner un chauffeur d’ambulance, embêter un muezzin et faire d’autres victimes à Labé puis toucher plus loin à Pita, Elhadj Bano Bah, le Haut Khalife du Fouta Djalon, le papa vénéré du Ministre de l’Administration du Territoire et ses compagnons gênés de la mission d’excuse gouvernementale, le tableau des héroïsmes républicains des forces de l’ordre commençaient à blanchir. Au mieux des relations entre elles et le peuple mobilisé et militant de Guinée.

Comme l’habitude est une seconde nature, des forces occultes profitèrent du double scrutin référendaire et législatif du 22 mars pour agir presque dans l’ombre et noircir, de nouveau, le tableau. Ces forces affrontaient les intentions d’empêcher les élections qui, elles-mêmes affrontaient depuis longtemps, les intentions plutôt fermes de les réaliser. Ces remue-ménages firent beaucoup de mal surtout du côté de Nzérékoré où on parlerait encore de tueries et même de fosses communes. Ces va-et-vient entre le pire et le meilleur font certes la vie des hommes et des institutions ; mais elles distantes entre des entités inséparables comme le peuple et son armée.

Il reste à inventer d’autres stratégies de maintien d’ordre pour qu’il en soit ainsi et que la tolérance prévale plus longtemps dans les rapports entre le peuple et son armée.

Chaque occasion d’évènement national devrait être une opportunité pour les forces de l’ordre de se réinventer de nouvelles manières d’agir pour montrer leur attachement aux populations et à leur sécurité. L’application du décret de l’état d’urgence pourrait révéler des signes de changement ou de crispation. Pour le meilleur ou pour le pire. La Guinée et son peuple ont de toute façon besoin d’autres choses et une nouvelle forme de rapports avec leurs forces de l’ordre.

 Par Le Populaire

Related posts

Communiqué conjoint des organisations professionnelles des médias en Guinée

Ehadj Aboubacar Diallo Kaba

La Guinée, un pays sans Etat, une population sans espoir ? (par Aissatou Cherif Baldé)

Diallo Tidian

Xi Jinping propose des solutions pour la lutte contre le COVID-19 et la reprise de l’économie mondiale

Diallo Tidian