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Déclaration du groupe de réflexion La Nouvelle Donne: Tel est pris qui croyait prendre…

Après avoir bâillonné la presse guinéenne, bafoué les droits fondamentaux garantis par la constitution, promis infrastructures, justice « réparatrice » à la communauté internationale, récompense pour interrompre la cavale d’un détenu en fuite… voici le régime sommé de se justifier.

On a pu invoquer l’impensable, l’accident industriel… et souligner la solidarité agissante des voisins. Mais Mali, Sénégal et Sierra Leone ont simplement secouru un « pays frère » pris en otage par un régime dont la transition semble interminable, révélant des transactions douteuses.

Un régime qui met en danger ses propres citoyens, en coupant internet et les réseaux sociaux, outils de communication essentiels de nos jours. Un gouvernement qui prive les entreprises d’une information précieuse pour qu’elles puissent fonctionner – dans le plus parfait mépris de leurs intérêts.

Que s’est-il réellement passé pour entraîner tant de pertes humaines, de blessés, et forcer tant d’entre nous à lutter pour obtenir un carburant devenu précieux, rare et lucratif pour certains ?

Nous ne le savons pas encore, mais nous attendons avec impatience une démarche de transparence du gouvernement et de la Société Nationale des Pétroles de Guinée (SONAP).

Cependant, nous avons eu l’opportunité de prendre connaissance d’un document instructif émanant de l’administration qui révèle que les compétences ne sont pas un critère déterminant pour être nommé à la tête d’une entreprise stratégique pour l’économie d’un pays importateur de pétrole.

En juin 2022, un “audit de la structure des prix des produits pétroliers” couvrant les années 2019 à 2022 a été réalisé par l’Inspection générale des finances. Sur instruction des Ministres de l’Économie, des Finances et du Plan et du Ministre du Budget, l’investigation a établi que l’arrêté relatif aux modalités de détermination des prix n’est pas respecté.

Depuis le 24 décembre 2020, le comité paritaire chargé d’encadrer la mise en œuvre d’une décision de l’État ne fonctionne pas comme il se doit. Le Trésor Public ne reçoit pas les sommes que doivent lui verser certaines sociétés pétrolières.

La marge accordée à une société de négoce étrangère (Sahara Energy Resource Ltd.) a presque été multipliée par trois. 38 USD/tonne avant 2022, puis 53 USD/tonne (11/3/2022) et enfin 115 USD/tonne – trois semaines plus tard « grâce à » un avenant (N°1) au dernier contrat en date.

Quelle générosité ! L’administration s’en étonne, pose des questions. Sans réponse, apparemment. Il a donc fallu qu’un journaliste français mène des enquêtes, interroge et crée un scandale pour que l’évidence s’impose.

Où était donc la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) ? Nous l’avons connue plus rapide et « enthousiaste » pour s’autosaisir d’affaires moins bien documentées.

Et pourtant, le manque à gagner pour l’État est considérable. Chaque jour, la Guinée et ses citoyens sont volés par des individus dépourvus de patriotisme et de compétence avérée.

Malgré les enquêtes menées par certains fonctionnaires, les slogans généreux sont en décalage flagrant avec l’enrichissement scandaleux de « proches » des dirigeants – perpétuant une pratique politique guinéenne aux conséquences néfastes.

Le Comité national pour le redressement et le développement (CNRD) a habilement exploité le mécontentement populaire contre la confiscation de la légitimité par des mesures légales douteuses. Il propose maintenant, à l’instar de son prédécesseur, une nouvelle Constitution pour la Guinée, malgré des défis similaires persistants. Un texte pour remédier aux maux qui se propagent malgré les déclarations tonitruantes de certains ?

Empêcher les Guinéens de s’exprimer pour protéger la nation de dérives « ethnicistes » est, au mieux, une manœuvre maladroite. Le prix exorbitant du carburant est un racket organisé dont nous souffrons tous – quelles que soient les langues que nous parlons ou les régions où nous résidons.

Les Guinéens n’ont pas de conflits entre eux. Ils sont pris en otage par des individus qui orchestrent le chaos et les dissensions pour se présenter comme des sauveurs et des arbitres, sans aucune honte.

Grâce aux révélations d’un journaliste occidental, voici la France et les États-Unis d’Amérique invités à reconsidérer la conformité entre leurs principes, leurs intérêts et leurs actes. L’avenir dira s’ils répondront à cet appel, mais nous savons que le destin de la Guinée dépend d’abord de notre capacité à le prendre en main.

L’ambassade américaine avait lancé un compte à rebours pour le retour du pouvoir aux civils ; il est essentiel que nous nous préparions, car cette échéance approche inéluctablement.

En attendant, le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation veut « organiser » la représentation démocratique, s’assurer du respect des textes des partis et… préparer les résultats des prochains scrutins.

Est-ce cela sa tâche, avec un ton si martial, en l’absence d’un organe indépendant de gestion des élections et compte tenu de la crédibilité en lambeau de cette administration ?

Plus que jamais, nous avons besoin de journalistes professionnels, intègres et patriotes. Bien que le secteur soit économiquement fragile et que les dirigeants intimident les annonceurs, la vigilance citoyenne reste fondamentale.

Face à l’accumulation de questions, choisissons celles qui comptent et aidons les militaires au pouvoir à regagner leurs casernes, car… la gestion d’un État ne s’improvise pas !

Déclaration faite le 16 janvier 2024.

La Nouvelle Donne

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